Pendragon : la geste

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    Pendragon : la geste

    Message par tof le Ven 18 Jan 2013, 14:22

    Année 533 :
    Bien décidés à ne pas se soumettre une année supplémentaire aux aléas de la procrastination, nos fiers chevaliers décident une fois de plus de partir en chasse. Depuis quelques temps, ils ont, en effet, en ligne de mire trois proies particulières.
    La première est un serpent à huppe multicolore autrement connu sous le nom de basilique. La poursuite de ce monstre est presque une histoire de famille, les pères de nos héros l’ayant déjà affronté. Il faut dire que l’adversaire est sérieux, outre le regard pétrifiant propre à son espèce (hypothèse non vérifiée mais, qui irait prendre le risque), son sang est un acide puissant capable de ronger les meilleurs armes et armures (ainsi que les corps situés au-dessous). Pire, une fois vaincue la créature rapetisse mystérieusement et s’enfuit à une vitesse rendant vaine toute poursuite. Les chevaliers se sont donc munis d’un important allié : la belette dorée ennemi héréditaire des basiliques. L’animal a certes fier allure mais, sa taille qui s’apparente à celle d’un chat laisse présager d’un combat peu équilibré.
    La deuxième proie est un mystérieux loup noir, lié au seigneur Aeron et à feu le seigneur Beletor par une sombre malédiction. Cette créature faerique est aussi grosse qu’un chargeur, douée d’une redoutable intelligence et en outre, accompagnée d’une importante meute. Fort heureusement, ces loups là sont d’une taille très raisonnable : ils ne sont pas plus hauts que des poneys. Depuis quelques mois, frêre Ysgaran, un moine originaire de Glastonburry et expert dans la lutte contre le Malin, accompagne donc notre groupe de chevaliers. Faute d’avoir pu leur donner encore conseil sur la nature de leur ennemi, celui-ci semble s’employer à transcrire leurs aventures dans les parchemins qui ne le quittent jamais…
    La dernière cible ne peut décemment pas être affublée du titre de proie car, il s’agit d’un dragon… C’est sire Marie qui a besoin d’une fiole de sang de cette créature pour un mystérieux rituel (sur lequel elle ne s’est, d’ailleurs pas étendue). Mais comment, résister au charme d’une vraie Dame ? Comme un Dragon a été repéré près de Norwitch en Anglia, nos valeureux compagnon l’ont donc tout simplement ajouté à leur programme.
    Sire Marie, sire Iwell et les seigneurs Mollacus et Aeron se sont donnés rendez-vous à Camelot au tout début du printemps afin de partir en chasse. Comme à leur habitude, ils ont sous-estimé les conséquences de leur passage à la cour. Le Roi, tout d’abord, annonce à ses Chevaliers de la Table Ronde (Mollacus et Aeron) qu’il aura une réponse pour sa sœur la reine Morgane à la Pentecôte (Morgane ayant fermé ses frontières à tout autre chevalier qu’eux même, le choix des messagers ne laisse aucun doute, d’autant que c’est le seigneur Aeron qui souhaite rapprocher les deux ennemis). Marie est de son côté convoquée par la Reine Guenièvre. Celle-ci souhaite que sire Iwell participe au concours des Chevaliers de la Reine et que les seigneurs Mollacus et Aeron en soient les juges et, elle leur serait aussi reconnaissante d’inviter le Seigneur Lancelot que l’on voit si peu à la cour… Bref, la durée de la chasse vient de raccourcir sérieusement car, ils devront être de retour à Camelot dans moins de deux mois.
    Ce passage à la cour permet aussi de rencontrer le nouveau Druide de Camelot Rodhri. Ce personnage est bien connu des chevaliers comme ancien Druide du Duc Gwern, un vieil ami mais surtout par sa légendaire modestie (il a, paraît-il, tout appris à Merlin). Aeron le consulte néanmoins sur sa malédiction : depuis que le grand loup faerique de la voie d’Icned lui a arraché l’oreille gauche, il se sent parfois envahi par des poussées de rage quasi incontrôlables. Il n’a certes pas failli jusqu’à aujourd’hui mais, il se souvient que Belletor affligé du même mal, en est venu à attaquer sire Marie l’épée à la main. Rodhri éclaire les évènements sous un angle nouveau. D’après lui, la créature n’est pas un loup mais, un chien faerique (et tant pis pour l’hypothèse du loup garou). La Dame aux Chiens de la voie d’Icned a été terrassée il y a quelques années par un chevalier très chrétien, et peut-être ce brave-en sait-il plus sur la créature ? Fort de ce conseil, Aeron se promet de questionner ses pairs à la prochaine réunion de la Table Ronde.
    Enfin en route, pour leur chasse, les chevaliers décident de passer par les Terre du Seigneur Ysatis. Ce vieil ami de leurs parents possèderait la Lance de Saint Georges qui peut s’avérer fort utile pour occire un dragon. Malheureusement, l’homme au caractère déjà difficile ne s’est pas amélioré en vieillissant. Il lui est en particulier difficile de même concevoir qu’une femme puisse être adoubée. Au terme d’une conversation tendue, il accepte de remettre la Lance si on lui ramène un chapelet béni par l’Archevèque Bavid ou la tête d’une sorcière (un païen peut aussi faire l’affaire). Une dernière solution consiste à lui obtenir une entrevue auprès du roi Pèlerin.
    Après cette courtoise visite, la chasse peut enfin commencer. Muni de la redoutable belette dorée, les chevaliers partent vers le Marais du Feyns dernier territoire connu du serpent à huppe multicolore. Le lieu est boueux et inhospitalier et le petit groupe se retrouve bien vite perdu. La vue de l’océan et quelques autres bizarreries les amènent même à penser qu’ils sont passés en royaume faérique. Depuis le ré-enchantement du royaume de Bretagne par leurs parents, la frontière entre monde magique et réalité est devenue fort ténue et le passage d’un monde à l’autre sans même s’en rendre compte est chose courante. Toujours est-il qu’au bout de deux semaines d’errance la proie est enfin localisée. C’est le Seigneur Mollacus qui s’élance le premier alors que ses compagnons, un instant figé d’effroi perdent de précieuses secondes. L’assaut est violent. Et si le serpent ne parvient pas à frapper directement les héros, l’acide issu de son sang et de son crachat détruit épées armures et boucliers. Quand la bête tombe enfin sous les coups, elle rapetisse subitement et s’enfuit à une vitesse impressionnante. Aux appels des chevaliers, les écuyers ont ouverts la cage de la belette dorée mais celle-ci se contente de rester mollement dans sa prison plutôt que de poursuivre son ennemi héréditaire! Ainsi, nos héros ont échoués car, si le basilique est de nouveau en fuite, il n’a pas été définitivement abattu. Las, en plus de cet échec, le combat laisse la petite troupe exsangue. Si Marie n’est que légèrement blessée, le Seigneur Mollacus, son plastron de cuir rongé par l’acide, nécessite des soins importants.
    Les miasmes du marécage ne facilite pas la récupération du blessé et le seigneur Aeron décide de partir explorer les environs en laissant la garde du campement à sire Marie. Chaque jour, il s’éloigne plus avant afin de chercher le chemin des secours pour son ami. Il croise une panthère et un bargheist qu’il abat sans rechigner puis un lion qu’il préfère éviter avant au huitième jour, de découvrir un étrange manoir sur un ilot du marais. Ayant toqué à l’huis, il est accueilli par la plus belle des femmes (même l’extraordinaire dame Guenièvre pâlit face à une telle beauté). Dame Eleonore vit ici en compagnie de Maurien et d’étranges petites fées bleues (les Nac Mac Figgles). Son compagnon, tout aussi beau qu’elle, git au lit gravement brulé lors d’un combat contre le basilique. La belle Dame est heureuse d’apprendre que le monstre a été chassé et offre l’hospitalité au petit groupe de chevaliers. Fort de cette nouvelle, Aeron chevauche rapidement vers le campement.
    Pendant ce temps, le lion épargné par Aeron, profite sournoisement du crépuscule pour attaquer le camp alangui. Sire Marie fait vaillamment face à la créature féroce et parvient à la navrer. Puis, le seigneur Mollacus, malgré ses graves blessures, quitte sa couche et se joint à la mêlée. Le fauve n’est pas de taille face aux deux chevaliers et finit taillé en pièces. Lorsque le Seigneur Aeron, parvient au camp accompagné des minuscules « fées » bleues le dépeçage est déjà en cours.
    La petite troupe rejoint alors le manoir et fort de l’hospitalité des seigneurs des lieux et des connaissances médicales des chevaliers, il suffit de quelques semaines avant que les blessés puissent de nouveau chevaucher. Maurien se charge alors de guider la petite troupe hors du monde faerique vers les terres de Bretagne. Ayant appris que les armes du chevalier-fae ont été détruites par l’acide du basilique, le seigneur Aeron lui offre ses armes et armures de rechange (épée, écu, lance et demi-plaque).


    Sur le chemin de Camelot, la petite troupe croise un chevalier tout de blanc vêtu sur un destrier à la robe immaculée. Celui-ci les défie à la joute et les défait chacun leur tour (même si plusieurs d’entre eux ont la sensation qu’ils auraient dû lui faire vider les étriers). Ils apprendront plus tard à la Table Ronde de la bouche de sire Dragan (sans doute le meilleur jouteur de Bretagne avec Lancelot) que ce chevalier fae était en fait maudit. Ayant refusé de laisser le passage d’un pont à une vieille femme, celle-ci l’a condamné à rester en selle tant qu’il n’en serait pas chassé par un adversaire en combat honorable.

    Le retour à la capitale d’Arthur est toujours un moment de retrouvailles. C’est tout d’abord le Druide Rodhry qui est une fois de plus de bons conseils sur la chasse entreprise par nos valeureux chevaliers : la belette dorée chasse le basilique à l’odorat, il est donc important de se placer au vent avant de la lâcher sur sa proie. En outre, l’espérance de vie de la créature n ‘est que de quelques années et celle offerte à Marie par son époux est maintenant bien vieille... Qu’à cela ne tienne, Marie, Mollacus et Aeron décident aussi tôt d’envoyer leurs mesniers en quérir de nouvelles ! Quant aux Dragons Rodhry en connaît plusieurs en Bretagne (même s’il s’applique soigneusement à éviter ces dangereuses créatures) : celui de Norwitch est imposant et aurait déjà tué une centaine de Chevaliers mais reste sans doute moins dangereux que celui de la Forêt de Quinqueroi, une énorme bête de plus de 200 pas du museau au bout de la queue. La forêt de Dean (qui abrite le Royaume perdu d’Eyrlin dont la Bretagne est sans nouvelles depuis 20 ans) serait aussi le territoire d’un de ces grands sauriens. Bref, nos héros ont l’embarras du choix !
    Puis, Gauvain est, fidèle à son habitude, au courant de toutes les rumeurs de la Cour. La cousine de la reine Guenièvre, dame Elysabelle doit se rendre à Paris pour épouser sire Philippe un cousin du Roi de France. Gauvain, après une année passée à la cour en tant que Chevalier de la Reine compte bien être du voyage histoire de vérifier si les françaises sont aussi ribaudes que le veut leur réputation.

    Enfin, le grand jour arrive. La sélection des Chevaliers de la Reine pour la prochaine année commence. Elle regroupe une centaine de candidats (dont sire Iwell fort motivé par son épouse qui l’a menacé de laisser son lit froid jusqu’à ce qu’il soit accepté) et une vingtaine de jurés issus de la précédente « promotion ». Trois membres du jury font exception à cette règle : Marie, membre permanent de cet Ordre, Mollacus et Aeron, présents à la demande personnelle de la Reine. Les épreuves se succèdent pendant trois jours, couvrant tous les aspects de la courtoisie et l’ensemble des règles de la Cour d’Amour de Guenièvre. Sire Iwell montre des qualités parfois inattendues : chant, harpe et même jeu, ses performances sont remarquables. Il pallie même un manque de connaissance « théorique » (la fauconnerie) ou pratique (les pieds de sa cavalière pour la danse s’en souviennent encore) par une parfaite courtoisie.
    La cérémonie finale a lieu en présence de la Reine Guenièvre. Après un discours de Marie, Iwell, Aeron et Mollacus se voient remettre une magnifique broche en forme de Rose Blanche. Ils sont maintenant chevaliers de la reine au service de Guenièvre pour un an.

    Comme chaque Pentecôte, le roi Arthur réunit ses chevaliers autour de la table ronde. C’est l’occasion pour chacun de narrer ses exploits de l’année passée mais aussi, de deviser tout simplement entre pairs. A cette occasion, Arthur annonce à Aeron et Mollacus qu’il est prêt à pardonner Morgane… Pour la dernière fois. Ils apprennent aussi de la bouche de Sire Bledig que c’est sire Begvaldus le Bel, vassal du seigneur Liwell le brave qui a jadis vaincu la Dame aux Chiens de la voie d’Icned. Son fief de Gotham est situé au Nord de Leicester.

    Quelques jours plus tard, la Cour est témoin d’un violent conflit entre le Roi Anquist et les chevaliers du Clan de Ganne qui l’accusent de la mort de leur ami Hugo. Le roi d’Irlande est fort dépourvu car son champion n’est pas présent pour le représenter au jugement de Dieu réclamé par Blamor de Gannes. Heureusement pour lui, un jeune Chevalier Tristan accepte de le représenter. Après un combat épique, sire Blamor préfère mourir que s’avouer vaincu et déshonorer son Clan. Tristan demande justice aux rois présents. Arthur déclare Anquist vainqueur et réclame la paix des braves. Le roi d’Irlande et le clan de Gannes s’en trouvent réconciliés et Tristan muni d’une épouse : Iseult la fille d’Anquist. Une question reste tout de même ouverte : qui a tué Hugo ?

    Un jour, Aeron au Cheval Blanc reçoit une surprenante visite : Sire Lupinus est un vieux Chevalier édenté qui est surnommé le Valeureux en sa présence et le Cruel en son absence. Celui-ci est venu réclamer justice. En effet, sire Egon vassal de Marie dans le Dorset a plusieurs fois chassé sur ses terres. Averti de ce manquement, il s’est ri de sire Lupinus et a renouvelé cette « provocation ». Lupinus ne plaisante pas, si Egon n’est pas rappelé à l’ordre, il déclenchera une « tuerie » selon ses propres termes. Conscient que les chevaliers concernés ne peuvent l’accompagner dans le Dorset toute affaire cessante, il réclame de les accompagner jusqu’au traitement du problème. Soucieux d’éviter un bain de sang, Aeron accepte ce nouveau compagnon et Marie envoie un message à son vassal.

    Le petit groupe ainsi constitué demande à la Reine Guenièvre l’autorisation de partir pour la Belle Regarde le château de Morgane. La reine accepte sous deux conditions : les chevaliers doivent porter haut ses couleurs et transmettre ses condoléances pour la mort d’Yvain. Mais surtout, sire Pelandre doit les accompagner afin de leur apprendre la broderie car elle souhaite que chacun des chevaliers de la Reine puisse lui offrir un mouchoir brodé de ses initiales au terme de son année de service. Devant le manque d’enthousiasme de Marie, celle-ci se voit accorder un délai : elle aura 7 ans mais pour broder une tapisserie représentant l’Amour triomphant de la Mesquinerie…

    C’est donc une troupe de 6 chevaliers qui se met en route vers le Nord : le comte Mollacus, le baron Aeron, les bannerets Marie et Lupinus, le vassal Iwell et le mesnier Pelandre. Chaque soir au campement les chevaliers de la Reine prennent consciencieusement leur leçon de broderie de sire Pelandre (sous le regard interloqué de Lupinus !). Et chaque matin, ils lui donnent une leçon d’épée (à bon entendeur…).
    En chemin, nos héros s’arrêtent à Gotham, fief de sire Degvalus. Celui-ci est beau comme un ange et se révèle un hôte charmant et tolérant. Il leur fit le récit de ses deux rencontre avec la Dame aux Chiens de la voie d’Icned. La première fois, il a dû renoncer face à sa magie et à ses molosses. Mais la seconde, il s’est plongé dans une pieuse prière après avoir tué un petit groupe de ces créatures monstrueuses. Face à la force de sa foi, il a senti la magie maléfique se dissiper et entendu un hurlement de rage. Ce n’est que plus tard qu’il a appris le nom de cette sorcière : Freyd. Freyd, la mauvaise fae, ce nom est d’une grande signification pour nos chevaliers. Il y a très longtemps ses manipulations ont conduit sire Morganor un compagnon de leurs pères jusqu’à la damnation. Plus encore, sa présence dans l’étang d’Helstrie a corrompu le fief d’Aedan, le père de Marie. Puis, c’est Dame Arianwen épouse d’Aeron qui a subit et subit encore sa malédiction au travers d’une dague maléfique (seul les bons soins des dames du lac peuvent en atténuer les effets). Il y a des années, nos chevaliers ont franchi les frontières du domaine faerique caché au-delà de l’étang d’Helstrie et vaincu définitivement la sorcière au prix de la vie d’un de leur compagnon…
    Le souvenir est amer mais, c’est armé d’une connaissance nouvelle que la troupe repart vers les terres de Morgane. La frontière de celles-ci est gardé par une barrière magique miroitante que nos compères franchissent sans hésiter. Après quelques heures de chevauchée au milieu de terres gastes, ils atteignent enfin la Belle Regarde, le grand château noir. La magicienne (d’aucun dirait sorcière) les reçoit rapidement en compagnie d’un jeune chevalier. Elle accueille froidement l’annonce de la mort de son fils Yvain le chevalier au Lion et les condoléances de la Reine. A l’annonce du pardon d’Arthur, elle requiert d’être escorté jusqu’à Camelot pour renouveler son allégeance à Arthur… Aeron a alors le cœur réjouit et rempli de crainte. Réjoui car, les Dames du Lac lui ont jadis appris que cette réconciliation est de grande importance pour l’avenir de la Bretagne. Mais inquiet car, il sait que le retour en grâce de Morgane n’empêchera pas complots et manipulations.

    Avec une escorte de 6 valeureux chevaliers le retour à Camelot ne peut que se dérouler sans encombre. Arthur organise un grand festin pour fêter sa réconciliation avec sa demi-soeur. Elle siège à sa droite et un cardinal romain en visite en Bretagne, Anselmus, est installé à sa gauche. Les chevaliers escortant Morgane et sa suite sont installés ensemble à la table d’honneur. Cette suite de Morgane est composée de six est composée de six gentes dames : Alice, vêtue de bleu, est attablée avec Aeron. Diane, dans sa robe rouge, siège près de Mollacus. Les atours de Feuneth sont verts et elle accompagne Iwell. Marie est assise près de Sanguive à la tenue jaune. Lodine , la compagne de Lupinus, est habillée de rose et enfin, Freyd, la voisine de Pelandre, est parée de mauve.
    Elles sont toutes charmantes et fières de siéger en si notable compagnie. Le début du repas est joyeux quand soudain une esclandre éclate entre Morgane et Anselmus. Celui-ci a comparé les chevaliers en train de danser avec ses dames d’atour à des « amants latins ». Morgane est furieuse. Selon elle, les chevaliers de Bretagne gagnent le cœur des dames par leurs hauts faits et non par des mots creux et des courbettes ! D’ailleurs, les chevaliers qui l’escortent vont le prouver immédiatement ! Devant l’assemblée (et six héros) médusés, elle déclare : Je lance un défi au Cardinal Anselmus, mes chevaliers se rendront au tournoi de la forêt de Beudegraine organisé par sire Brillan le manchot et ils ramèneront les Honneurs du Bois de l’Est pour le bonheur de mes suivantes… Et d’ajouter en aparté avec lesdits chevaliers : « et si vous ne les ramenez pas, vous serez tous trois fois maudits… ».

    Voilà donc une petite troupe fort motivée qui se prépare à partir pour le fief de sire Brillan. Avant de se mettre en route, un petit point d’étape sur la chasse (qui était je le rappel la priorité de cette année) avec Rhodry permet de clarifier certains points : les chiens seraient devenus maitres d’eux-même lorsque Degvalus a brisé le pouvoir de Freyd… Le fait de marquer les chevaliers pourrait même être un « appel à l’aide » destiné à obtenir une libération complète du mal qui les habite. Le druide espère de toute façon en savoir un peu plus dans quelques semaines lorsque les astres lui seront favorable….

    Les chevaliers accompagnés du Cardinal Anselmus, de Morgane et de ses dames de compagnie arrivent au Bois de L’Est quatre jours avant le début du tournoi. Ils sont accueillis par sire Brillan et dame Isabella. Celui-ci ayant appris le défi de Morgane soumet un problème aux chevaliers : depuis de nombreuses années, des brigands sévi cent sur ses terres. Ils sont dirigés par un chevalier de Gaur, sire Melgor McCrockan. Ils ont été vus dernièrement près d’une chapelle à ½ journée de cheval et débarrasser le fief d’une telle engeance, est sans doute une tâche à la hauteur du défi…
    En bonne marionnettes au bout de leur fils, nos sires partent donc sur les traces du chevalier brigand. La piste est aisée à suivre (même si quelques indices laissent à penser que sire Brillan traite bien mal ses paysans) et nos héros arrivent bientôt dans une clairière abritant un vieux pavillon délabré. L’embuscade des brigands est facilement déjouée (sauf pour Mollacus qui voit son armure percée deux fois par un coup chanceux !). Pendant que Lupinus, fidèle à sa réputation s’adonne aux joies de la poursuite). Une forme en armure sort de la tente et jette un défi. Aeron s’élance et dès la première lance jette son ennemi à terre percé de part en part. Celui-ci s’avère en fait, être une femme car sire Melgor git très gravement blessé sous le pavillon. Celui-ci, meurtri par la mort de son épouse, reconnaît à la fois sa défaite et sa lassitude pour cette vie. Comme, il est gravement blessé et intransportable, Elvira l’écuyère de Marie reste sur place pour le soigner avant de le remettre à la justice du seigneur des lieux et Aeron adoube Albanus, qui assurera la sécurité de la place.

    La petite troupe est de retour au Bois de l’Est pour le début du tournoi. Celui-ci commence rapidement malgré l’absence de dame Dwyndwen une riche vassale de sire Brillan. Traditionnellement, trois épreuves vont se succéder : la joute , la mélée, et les défis (que nos amis ne pourront ni refuser ni perdre sous l’habituelle menace d’une triple malédiction !).
    La joute oppose les chevaliers à la lance et les chevaliers d’Arthur se montrent brillants ! Mollacus bat le seigneur des lieux puis Lupinus, Marie, Iwell et Lupinus occupent les quatre places de la demi-finale. C’est finalement Aeron qui l’emporte deux lances à une malgré une malveillance de Lupinus (malveillance vite pardonnée par le clément Aeron).
    Pour la mêlée, nos héros sont dans l’équipe du fief de Bois de l’Est et seront (mal) commandés par sire Kaelwin le champion de sire Brillan (excusé par la blessure infligé par Mollacus lors de la joute). Marie, qui dirige la petite troupe, fait des miracles pour compenser les erreurs de jugement de Kaelwin. Nos héros survolent donc la bataille sans incidents (sauf pour les deux chevaliers tués l’un par Lupinus, plutôt volontairement et par Aeron qui retenait pourtant ses coups) et c’est sire Iwell avec deux captures qui est déclaré vainqueur…
    Reste les défis et nos amis par leur vaillance se sont attirés de multiples adversaires. Ils se joueront en l’absence de Morgane et de sa suite appelés à Camelot et c’est Anselmus qui jugera son défi. Les choses ont plutôt bien commencées, Marie et Aeron expédiant rapidement leur premier combat, quand une petite troupe sale et épuisée fait irruption au milieu de l’assemblée. C’est dame Dwyndwen et ses 6 chevaliers d’escorte retardés par l’assaut d’une troupe de brigands. Sire Brillan est furieux et accuse nos héros de mensonge. Le cardinal lui donne raison (après tout c’est son beau-frêre) et proclame de nouvelles règles : le défi opposera les 6 chevaliers d’Arthur à tous ceux les ayant défiés en un seul combat. Mieux, les blessés lors des épreuves précédentes seront remplacés par les chevaliers indemnes de Dame Dwynden. Enfin, tout chevalier pourra refuser la reddition de son ennemi sans entacher son honneur. Seul un ennemi à terre ne devra pas être achevé
    Entre le sous-nombre (ils sont à un contre deux), l’absence de merci et la malédiction qui les guette, nos héros se préparent au combat la mort dans l’âme agacés par ce manque de courtoisie et bien décidés à ne pas retenir leur coups. Aguerris, ils décident de combattre en cercle épaule contre épaule afin de pouvoir se soutenir mutuellement et d’éviter à leur ennemi de trop profiter de sa supériorité numérique. Ainsi disposé, chacun affrontera initialement un chevalier du tournoi et un suivant de dame Dwynden et Dieu pourvoira à la suite ! Malgré les coups qui commencent à pleuvoir et la gêne occasionnée par leur casque, plusieurs compagnons font le même étrange constat : les six chevaliers de Dwynden bien que très vindicatifs sont plutôt maladroits et tous portent un écu plein, bleu, rouge, vert, jaune, rose ou mauve qui rappellent les couleurs de certaines dames de leur connaissance. La mêlée se poursuit donc en essayant d’éviter de blesser ces étranges et agressifs chevaliers. Certains triomphent facilement comme Iwell ou Aeron qui décapite Kaelwin, le champion de Brillan au premier coup d’épée ou très difficilement comme Peliandre, plusieurs fois blessé qui voit venir Marie et Aeron à son secours. En quelques minutes, le terrain est nettoyé de tout ennemi hors les six « écus pleins » toujours vindicatifs et inefficaces et un chevalier local qui jette son épée, bien surpris et heureux d’être vivants au milieu de tous ces morts. Il faudra encore un long moment pour triompher de la suite de dame Dwynden qui entre bousculade et désarmement abandonnera d’épuisement sans autres blessures que quelques bleus. Leurs casques ôtés , ce sont bien les jolis minois des dames de Compagnie de la suite de Morgane qui font leur apparition, dame Dwyndren changeant aussi d’apparence pour révéler la magicienne. Celle-ci prend la parole : toutes les dettes sont payés et tous peuvent partir en paix. Les preux chevaliers d’Arthur vainqueur des épreuves seront maintenant connus comme les Chevaliers du Défi. En récompense, ils pourront utiliser de belles armures d’alliage léger et courtiser ses dames (pas évident pour des chevaliers mariés et amoureux !).
    Ainsi fini le tournoi de la forêt de Beudegraine et, même si ils en sortent vainqueurs et glorieux, nos héros ne peuvent que constater la duplicité de Morgane et ravaler leur ressentiments envers la demi-sœur du roi.

    Les chevaliers rejoignent donc Camelot au milieu de l’automne afin de reprendre leur place auprès de la Reine. Ils prennent alors des nouvelles de la quête donnée à leurs mesniers. Les vassaux de Mollacus ont échoué à trouver une belette doré mais sire Artis, mesnier d’Aeron a réussi à capturer le précieux animal. Malheureusement, Sire Arnault et sire Gerald ont perdu la vie lors de cette chasse, tous deux tués par un couple de lions.


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    Oh! Je crois que ça va couper...

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    Re: Pendragon : la geste

    Message par tof le Mer 21 Aoû 2013, 12:56

    534 :

    L’hiver est particulièrement rude, la neige tombe en abondance et les températures sont polaires. Le calme des appartements royaux est troublé par l’irruption de Dame Arianwen. L’épouse d’Aeron est de retour d’Avalon et vient de découvrir que son mari brodait à la demande de la Reine. Furieuse, elle exprime vertement son point de vue à Guenièvre. Il est entre autre mentionné qu’un homme qui en a dans le calbut (je cite) n’a pas à réaliser un travail de femme… Bref, un mot en en entraine rapidement un autre, des portes claquent et les deux femmes se quittent fâchées.
    Quelques semaines plus tard, à la mi-janvier, les chevaliers de la Reine sont convoqués par Guenièvre qui leur présente Pertamicus le meilleur cirier de Bretagne et les prie de le raccompagner dès que possible à Norwitch. Au vu de l’état des routes, des hommes moins miséricordieux pourraient penser que la Reine se venge du coup d’éclat d’Arianwen… Toujours est-il que Marie, Iwell, Mollacus , Lupinus et Aeron prennent la route sans sourciller.

    Le trajet vers l’Anglia est glacial et monotone. Il faut deux jours pour atteindre Basing normalement situé à une demi-journée de cheval de Camelot. Sire Macallus, l’intendant du château, informe son lige Aeron qu’un étrange visiteur est passé il y a quelques semaines. Sire Maurien, le chevalier fae rencontré l’année précédente dans le marais du Fens a laissé un présent pour remercier Aeron de son aide à l’époque. Il s’agit d’une magnifique maille associée à une épée et un bouclier d’excellente facture. Le casque semble même ne pas gêner le champ de vision de son porteur : peut-être un effet d’une magie faerique ?
    La fin du voyage est seulement marqué par Pertamicus qui pérore avec Marie sur la qualité de ses cierges (en cire d’abeille pas en suif !) et par sa durée trois fois plus longue que la normale compte tenu des conditions climatiques.
    Le petit groupe ne reste que quelques jours à Norwitch avant de reprendre la route de Logres dans un froid polaire. Mi-février, ils ne sont qu’à quelques lieues de Norwitch quand ils sont témoins d’un signe impressionnant : le ciel est traversé de part en part par une flèche de feu ! Si tous s’accordent sur sa valeur de présage, nos chevaliers n’arrivent pas à converger sur la valeur bénéfique ou négative de celui-ci. Ce signe, gravé dans le ciel, va les accompagner jour et nuit dans leur périple.
    Quelques temps plus tard en milieu d’après-midi, le ciel vire brutalement au noir, la température s’abaisse encore et le vent vire en tempête. En quelques minutes, toute trace de la route a disparu et Aeron, pourtant pisteur expérimenté, perd tout repère. Bien vite, sons seul objectif est de trouver un abri pour la petite troupe transie. Tout espoir semble perdu quand deux lueurs percent l’obscurité. Ce sont deux lanternes entourant la porte d’un manoir. Heureux de leur bonne fortune nos compagnons sont accueillis par un portier nain qui les mène au seigneur des lieux.
    Les clameurs d’un banquet remplissent la salle commune. Sire Galager festoie au milieu de sa meisnie. Tous les hommes présents ont blanchi sous le harnois, mais tous sont de fort heureuse humeur et heureux d’accueillir des invités. En effet, l’épouse de Galager est en train d’enfanter dans la chambre voisine et le seigneur de Puddletown se réjouit d’attendre un fils inespéré à 60 ans passés. Au mur de la vaste salle une magnifique tapisserie représente la bataille de Lumber où Galager a obtenu sa place à la Table Ronde après avoir vaincu le roi saxon en combat singulier. Il s’est d’ailleurs retiré peu après et n’a plus été vu à la Cour depuis qu’il a rencontré sa jeune épouse il y a une vingtaine d ‘années.
    Moins d’une heure plus tard, le portier nain interrompt de nouveau le banquet pour annoncer de nouveaux arrivants. Les cinq chevaliers qui rejoignent la fête sont tous grands, blonds, parés de lourds bijoux d’or et armés de haches en sus de leurs épées : leur origine saxonne ne fait aucun doute. Qu’à cela ne tienne Galager est prêt à festoyer avec le diable en une si heureuse journée et passé un moment de tension la fête reprend de plus belle… Wulfard du Nohaut, le chef de la petite troupe, n’est autre que le fils du roi saxon tué jadis par Galager. Mais l’homme est beau joueur et préfère rivaliser de vantardise en s’abreuvant de vin plutôt que de prendre ombrage… Les chevaliers de Logres restent néanmoins méfiants envers ces nouveaux venus. Lupinus car il soupçonne tout ce qui n’est pas romain. Marie, Iwell, Aeron et Mollacus car ils ont été confrontés à des chevaliers saxons du Nohaut lors de la révolte d’Icénia quatre ans plus tôt. Mais les saxons, vêtus par leur hôte, ne portent pas leur armoirie et le doute reste permis.

    Minuit est largement passé lorsque des hurlements retentissent de la chambre seigneuriale. Hôtes et invités se précipitent dans la pièce pour contempler un spectacle sanglant : une femme d’une soixantaine d’année git égorgée dans une mare de sang. Une autre, légèrement moins âgée a eu le crâne fracassé contre le mur. De l’épouse du seigneur des lieux nulle trace hormis une large tâche de sang sur les draps. Les volets de la fenêtre ont été détruits depuis l’intérieur de la maison et Galagers se rue dans la nuit et le froid à la poursuite de sa femme et de son fils dans la cour arrière du manoir. Il est immédiatement suivi par Marie. Aeron lui récupère Jaelac à l’écurie et entreprend de contourner la demeure tandis que Mollacus examine la pièce puis, récupère le drap afin de lancer son énorme molosse Cu sur les traces des fugitifs. A sa grande surprise, le chien pourtant renommé pour sa bravoure (il a déjà combattu et mis en fuite un mort vivant) semble terrorisé. La poursuite de Galagers et Marie se termine devant le mur arrière du manoir haut de près de 2m50 et soudain des hurlements de loup retentissent dans la nuit. Et Marie se souvient… Elle est un loup, elle court avec cinq compagnons sous les deux lunes pleines et hautes dans le ciel. La meute veut chasser le lion qui occupe la Mère des loups. Cette clairière est au cœur de leur territoire et ils ne comptent pas l’abandonner au grand fauve. Le combat est bref et brutal. Bie tôt ses cinq compagnons gisent dans la neige alors que le lion est à peine blessé et seule survivante elle s’enfuit… Ce rêve, enfouit dans sa mémoire, s’est rappelé à son souvenir au son déchirant la nuit et la sensation de sa réalité lui laisse un gout amer dans la bouche.
    Il faut bientôt se rendre à l’évidence, les fuyards ont disparu. Il faut de longues tractation pour convaincre sire Galagers de ne pas se ruer à leur poursuite immédiatement au milieu de la nuit glaciale et dans un blizzard effaçant déjà les traces. Le rendez-vous est pris pour l’aube et au coin de l’âtre Marie conte son rêve à ses compagnons. Iwell, Molacus et Aeron se remémorent alors avoir fait le même songe et ressenti le même sentiment de réalité. Est-ce un présage (les armoiries de Galagers représentent un lion dressé) ?
    Au matin le seigneur des lieux a disparu. Il a pris arme armure et vêtements chauds et est parti seul à la recherche de son épouse… Une rapide enquète auprès de ses mesnier permet d’apprendre que Galagers a ramené son épouse Wynifred d’une de ses chasses, il y a une quinzaine d’années (un joli petit lot aux dires de tous). Depuis, il se consacre entièrement à elle et ne part plus à l’aventure. Etrangement, la dame ne semble pas subir les outrages du temps…
    Tous les chevaliers s’équipent pour la chasse et les chevaliers de Logres peuvent enfin contempler les armoiries de leurs homologues saxons. Comme leurs noms elles sont toute à base de loup : ce sont bien les chevaliers rencontrés il y a trois ans lors de la grande révolte de Camille en Icénia. Mais le moment n’est pas au conflit car, chacun est protégé par les lois de l’hospitalité et la quête des disparus ne peut attendre.
    La petite troupe souhaite commencer son enquête au village situé tout près du manoir. Il est peuplé par quelques centaines de paysans saxons qui souhaitaient justement rencontrer le seigneur Galagers. En effet, de bien étranges événement se sont déroulés cette nuit. Des loups ont attaqués le village et loin de molester ses habitants, ils se sont contentés d’emporter deux nouveaux nés en prenant bien soin de ne pas les blesser. En poussant l’interrogatoire plus avant, les chevaliers apprennent qu’un lieu nommé la Pierre au Loup existe à l’Ouest du village. Ce lieu est un peu tabou et réputé pour être le lieu d’accouplement des canidés. Les chevaliers de Galagers ne s’y sont jamais rendus car leur seigneur leur a interdit de chasser dans cette direction.
    Muni d’un paysan saxon pour guide, la troupe de 10 chevaliers (5 saxons et 5 de Logres) s’engage dans la forêt. Au bout d’une demi-heure de route sire Marie s’arrète car son cheval boîte et annonce qu’elle rejoindra le groupe un peu plus tard. Sire Lupinus reste avec elle car il ne souhaite pas la quitter tant que son différend n’est pas réglé. Etonnamment, Marie constate quelques minutes plus tard que clous des fers de son cheval ont été volontairement enlevés. Marie reprend la route sur le cheval de son écuyer tandis que Lupinus retourne au village chercher un maréchal- ferrant. Malheureusement, marie n’est pas au bout de ses peines : au bout de quelques centaines de mètres son roncin se brise la patte sur une souche cachée sous la neige et la voilà obligée de continuer à pied.
    A l’avant, Iwell finit par remarquer des traces de pas dans la neige alors que des hurlements de loups finissent par convaincre le guide de retourner promptement au village. Même Cu tente de convaincre son maître de rebrousser chemin mais, Mollacus n’est pas homme à se laisser impressionner. Attiré par les bruits de combat, la petite troupe finit par atteindre une vaste clairière ou siège un énorme rocher en forme de tête de loup. Galager y affronte une énorme bête grosse comme un chargeur mais, si son habileté à l’épée reste intacte, la force lui fait défaut pour franchir le cuir épais de la créature. Mollacus et Aeron chargent la créature et la frappent du plat de l’épée afin de ne pas trop la navrer. Bientôt rejoints par Iwell ils finissent par la repousser au sommet du rocher. Galagers emporté par sa rage essaie furieusement d’escalader en jurant qu’elle lui a volé son fils. Aeron remarque alors que l’immense loup est en fait une femelle et remarque un nouveau-né soigneusement emmailloté et placé bien à l’abri au pied du rocher.
    La situation semble stabilisée quoique chaotique quand soudain les 5 chevaliers saxons chargent traitreusement à la lance. Seul Mollacus est encore à cheval, Iwell et Aeron ayant posé pied à terre pour explorer les environs de la Pierre au Loup. Le Comte affronte deux des félons dont Wulfard le chef du petit groupe. Gravement blessé dès la première charge, il serre les dents et reprend le combat et rend coup pour coup avant de s’effondrer épuisé par la perte de sang. Iwell s’en sort mieux il évite habilement la charge de deux autres cavaliers et parvient à remonter sur son cheval pour engager le combat. Aeron réceptionne parfaitement la charge de sire Ethelwulf et le boute hors de selle d’un magistral coup d’épée. Mais, il ne peut profiter de son avantage car la Mère des Loups a bondi sur ses épaules. Il est déséquilibré mais ne tombe pas malgré les 500 kllos de la créature. Plutôt que de la combattre, il choisit de la convaincre qu’il n’est pas son ennemi. Que ce soit par sa gestuelle ou ses paroles (il lui affirme ne pas vouloir lui voler son enfant), la louve semble convaincue et prend pour cible un des deux adversaires d’Iwell.
    Lorsque Marie finit par rejoindre la clairière à pied, la situation est difficile pour les chevaliers de Logres. Mollacus git à terre et si Iwell prend peu à peu le dessus sur son adversaire, sire Aeron, plusieurs fois blessé, va bientôt céder face à Wulfard. La Mère des loups affronte le troisième saxon sans pouvoir en triompher gênée qu’elle est par un Galagers qui s’évertue à la frapper sans répit. Un dernier chevalier observe même la scène, prêt à rejoindre le combat au point le plus propice. Soudain, Wulfard s’exclame : « La Mère des Loups a choisi son camp » et les quatre saxons rompent le combat. Trop heureux d’être sauvés par ce présage (ces saxons au blason et au nom de loup semblent refuser de combattre leur animal totem), les chevaliers de Logres les laissent bien volontiers s’enfuir.
    Tandis que Marie et Iwell portent secours à Mollacus, Aeron tente de raisonner Galagers toujours pris de folie. Il doit finalement trouver les mots justes car Galagers se calme en fin et s’effondre pris de remords. La louve lui apporte alors son fils avant de s’enfuir dans les bois.
    Le seigneur de Puddletown peut enfin conter son histoire. Il y a bien des années ses terres étaient soumises à d’incessantes attaques de loup. Des semaines de traques finirent par le convaincre qu’il ne chassait qu’une seule bête qu’il finit d’ailleurs par acculer prêt de la Pierre au Loup. Le combat fut âpre et au moment de la mise à mort, le monstre se transforma en magnifique jeune femme qui implora merci. Galagers accepta en échange d’une femme aimante et d’un héritierI Il vécut alors heureux auprès de Wynifredd jusqu’à cette nuit tragique. Aujourd’hui il a gagné un fils mais perdu une épouse adorée. Une fois encore Aeron arrive à l’apaiser : si la Mère des Loups ne l’aimait plus elle n’aurait pas évité de le navrer et ne lui aurait pas confié son enfant. Peut-être est-elle même sous le coup d’une malédiction ? Galagers est revigoré : il confie son fils Blayd à Aeron (Blayd signifie loup en galois), emprunte le destrier de Mollacus (qui n’en a guère besoin au vu de son état) et part à la recherche de Wynifredd.
    Lupinus arrive alors sur place de fort mauvaise humeur. Il n’a pas trouvé de forgeron et a croisé les quatre chevaliers saxons : il a largement gagné sa joute verbale avec Wulfard mais a perdu le duekl et du céder la préséance (il l’ignore mais il ne doit sans doute sa survie qu’à son nom : encore une histoire de loup !). C’est donc le groupe au complet qui repart vers le manoir où Mollacus est rapidement remis sur pied grâce à une fiole offerte par Galagers. Les chevaliers décident de laisser passer la nuit avant de partir à la recherche des enfants des villageois.
    Dans la soirée, Aeron rejoint l’écurie pour panser le grand cheval blanc à qui il doit surnom et armoirie. Jaelac vient du pays des 7 lunes, est âgé de plusieurs siècles et possède une perception intuitive de la magie des royaumes faeriques. Aeron et lui ont toujours réussi à se comprendre même si leurs échanges sont incompréhensibles pour quiconque les écoute. L’étalon a bien senti un mal apparaître subitement au milieu de la nuit peu après l’arrivée des saxons. Cette présence maléfique a subitement disparu au matin (disparu, elle ne s’est pas éloignée). Cela explique peut-être le comportement étrange de Wynifred et peut-être les loups ont-ils volés les enfants pour les protéger de cette menace ?
    Au petit matin, au village, les paysans expliquent que c’est sans doute le Meneur de Loup qui vit depuis près d’un an dans la forêt à l’est qui leur a pris leurs enfants. Cet homme est un sorcier qui vit entouré d’une meute. Tous le craignent et l’évitent : il est une fois de plus difficile de trouver un guide pour mener les chevaliers jusqu’à son territoire.
    En apparence, le Meneur est fidèle à sa réputation. C’est un vieil homme hirsute et vêtu d’une peau de loup. Il vit dans une humble masure au plus profond de la forêt entouré de sa meute composée d’une dizaine de membres. Il accueille les chevaliers sans agressivité et la conversation s’engage facilement. C’est bien lui qui a fait enlever les enfants afin de les protéger car le Dragon Rouge dans le ciel (c’est ainsi qu’il nomme la comète) annonce la naissance de l’enfant de la prophétie :
    « Quand le Dragon Rouge apparaitra, près de la pierre, le Meneur, ré-apparaitra et une nouvelle ère s’ouvrira. »
    Ce nouveau Meneur parlera à tous les loups (pas seulement ceux de sa meute) et tous l’écouteront… Un premier meneur est déjà venu dans des temps lointains à l’époque où les romains envahirent la Bretagne. Peut-être était-ce Bledin, ce « petit loup » qui accompagnait la grande reine Boudicca.
    Le meneur reconnaît que les enfants qu’il a protégé ne sont pas ceux de la prophétie mais il souhaite rencontrer Blayd le fils de Galagers et de la Mère des Loups.
    C’est donc un bien étrange équipage qui ramène les deux nouveau-nés au village. Les chevaliers peu coutumiers des petites gens ne remarquent pas la méfiance provoquée par la présence du Meneur et de sa louve. Arrivé au manoir, ce dernier s’ébaudit devant Blayd : il est persuadé que celui-ci est bien l’enfant de la prophétie. Il souhaite pouvoir veiller sur lui et participer à son éducation. En l’absence du père de l’enfant, la décision revient au baron Aeron à qui il a été confié mais, tous souhaitent tenter de retrouver Galagers et Wynifred avant de prendre une décision.
    Le lendemain à l’aube, les cinq chevaliers de Logres el le Meneur (discrètement accompagné de sa meute) prennent donc la direction de la Pierre au Loup afin de chercher la piste de Galagers et de Wynifred. Hélas, la neige ne porte plus aucune trace et les loups refusent d’utiliser leur odorat pour pister la Mère des Loups. La petite troupe rentre donc bredouille au manoir.
    Après discussion avec ses compagnons et avec les mesniers du seigneur Galagers, Aeron propose au Meneur de l’accompagner sur ses terres de Basing où il éduquera Blayd en attendant le retour de ses parents. De même, il enverra quelques chevaliers et un intendant assurer la sécurité et la gestion du domaine jusqu’au retour des seigneurs des lieux. Tout le monde part donc se coucher tôt au vu du rude voyage du lendemain. Néanmoins, compte tenu de la félonie des chevaliers saxons, un tour de garde est mis en place.

    Il est 2h00 du matin lorsque sire Lupinus réveille ses compagnons. Une foule d’une centaine de piétons s’approche du manoir. De nombreux hommes sont munis de torches et une dizaine montent des chevaux, même si l’obscurité empêche de vérifier leur identité ou même si ce sont des chevaliers. Prenant tout juste le temps de revêtir leurs gambisons , les mesniers et sire Iwell partent protéger l’arrière du château alors que les quatre autres chevaliers de Logres se rendent dans la cour principale face à la grande porte. Tous prennent le temps de monter leur roncin rapidement préparés par leurs écuyer afin de profiter de l’avantage que la hauteur leur donne sur des hommes à pied. Les assaillants ne se sont pas muni d’un bélier mais commencent rapidement à jeter leurs torches par-dessus le mur. Heureusement, les bâtiments couverts de neige ne prennent pas feu mais bientôt des dizaines de saxons armés de bric et de broc escaladent les murs et se jettent à l’assaut dans la cour. Ils sont conseillés par un chevalier qui semble essayer de les diriger depuis l’extérieur. Le combat est d’une rare violence dans un espace aussi clos. Les chevaliers sont tous d’excellent bretteurs et bénéficient de la hauteur apportée par leurs montures mais, ils se battent très vite à deux puis trois contre un, voire cinq contre un pour sire Lupinus qui fort de son armure attire les adversaires à lui. Une quinzaine de cadavre gisent déjà au sol lorsque les assaillants décident de s’attaquer aux chevaux. Les armes s’entrechoquent, à chaque coup porté un adversaire s’abat. Le cheval de sire Lupinus s’effondre mais celui-ci reprend le combat à pieds. Il y a tant de cadavres qu’il faut veiller à ne pas faire trébucher les chevaux. A l’extérieur au vu des hurlements, les loups se sont joints à la curée. Une voie saxonne sonne dans la nuit, une dernière vague d’ennemis se jette à l’assaut et se brise une fois de plus sur les vaillants chevaliers de Logres. A l’extérieur les survivants fuient à toute jambe et le combat cesse bientôt faute de combattants. Trois paysans hébétés rendent les armes mais sire Lupinus n’est pas d’humeur clémente et leurs corps rejoignent ceux de leurs compagnons. La mêlée n’a duré que quelques minutes mais on dénombrera 65 cadavres enchevêtrés dans la cour. Plus étonnant au milieu des fourches et autres faucilles, on trouve des épées et même quelques éléments d’armure sur les cadavres des assaillants.
    Dès le matin, les chevaliers se rendent au village. Face au massacre toute velléité de rébellion a disparu. Les paysans expliquent que sire Wulfard les a poussé à la révolte en jouant sur leur peur du Meneur. C’est lui aussi qui leur a fourni des armes : depuis plusieurs mois, il amène des épées à chacun de ses passages et entretien le souffle de la sédition. Aujourd’hui, les villageois ne souhaitent plus qu’enterrer leurs morts et une pile d’armes retrouvées « par hasard » est le dernier vestige de la trahison de Wulfard.
    Les chevaliers se mettent en route vers Basing accompagnés d’un nourrisson du Meneur et de sa meute. Ils emportent avec eux leur doute sur l’implication de la reine du Nohaut dans ce complot.

    Les chevaliers rejoignent Camelot fin février. Mollacus et Aeron demandent immédiatement un entretien au roi et Marie à la reine (Lupinus préférant vaquer à ses occupations).
    Les deux chevaliers de la Table Ronde racontent à Arthur leur funeste rencontre avec Wulfhard et ses complices. Au vu de leurs méfaits, Arthur s ‘empresse de les déclarer félons.
    De son côté, Marie fait part à Guenièvre de son désir d’organiser un tournoi au printemps prochain. La reine est au premier abord glaciale mais lorsqu‘elle comprend que Marie organise l’événement en son honneur elle se déride et assure de sa présence et de celle du roi.
    Le printemps s’écoule tranquillement, nos compères Chevaliers de la Reine étant bien malgré eux d’astreinte à Camelot. Marie profite de la période pour organiser son tournoi auprès du collège des hérauts avec l’assistance bienvenue de sire Lupinus et du Comte Molacus. Comme à son habitude, elle se révèle aussi gaffeuse. Aeron a suggéré de conter à la reine l’histoire de Galagers et de la Mère de Loups car, cet amour entre deux êtres si différents, a toute sa place à la Cour de la Romance. Mais, Marie entraînée par son récit narre face à l’assemblée des nobles de Bretagne chaque détail de leurs aventures et, chacun sait bientôt que l’enfant de la prophétie est à la garde du baron.
    Par ailleurs, Aeron a de nombreux entretiens avec le druide Rodhry. Le chevalier raconte l’histoire du meneur et de son pupille (le fils de Galagers). Il éclaire le druide sur le sens du Dragon Rouge apparu dans le ciel et l’invite à rencontrer le Meneur de Loup sur ses terres à Basing. Rodhry, de son côté, fait part de ses avancées sur la malédiction du baron. Selon ses divinations, le loup géant est apparu lorsque Freydd a perdu son pouvoir sur la voie d’Icned. Le plus simple serait donc d’interroger cette sorcière qui bien que décédée, a été vue dans la suite du roi faërique Aujourd’hui d’Ailleurs lors de sa visite à Camelot il y a un an. Le chevalier reste ébahi par l’évidence d’une solution qui consiste à interroger un ennemi personnel, mort des mains de son père dans un royaume inconnu dont nul ne connaît la localisation… Ceci dit, le seigneur Keu souhaite quant à lui gouter à nouveau les excellentes épices ramenées par la suite du roi des faës… Ce simplissime voyage pourrait donc faire d’une pierre deux coups…
    Il y a plusieurs absents de marque lors de la grande réunion de la Table Ronde de la Pentecôte : Lancelot comme d’habitude mais aussi Gauvain et trois autres chevaliers capturés dans la forêt de Quinqueroy par le félon Turquin. Connaissant la valeur de ces preux, il y a certainement là une funeste sorcellerie en action.
    Dès la nouvelle promotion de chevaliers de la Reine sélectionnée, notre petit groupe part pour les terres du seigneur Lupinus afin de régler son différend avec Egon le vassal de Marie. Egon refuse de reconnaître le moindre tort. Selon lui, les bois dans lesquels il chasse font partie des son fief. Un différent de chasse se transforme donc en conflit territorial ! Il faut toute la patience de Marie pour amener au compromis : il est reconnu que ces bois font partie des terres de Lupinus, mais Egon peut en bénéficier pour ses chasses… Sire Lupinus « satisfait » peut enfin rejoindre son manoir. Il a néanmoins une dernière requête : son fils Nomius, écuyer du seigneur Bragan (membre de la Table Ronde et l’un des meilleurs jouteurs de Bretagne) est en âge d’être adoubé. Il souhaiterait qu’il puisse accompagner nos héros dans leurs aventures afin de s’aguerrir. La petite troupe part donc vers les terres de Bragan. Ce dernier soumet Nomius à une dernière épreuve avant de l’adouber : une joute contre l’ensemble des chevaliers présents. Si Nomius manque d’expérience et parfois de réussite, il fait preuve d’une très grande vaillance. A tel point que le dernier conseil de Bragan au nouveau chevalier est de ne pas confondre courage et témérité.

    L’été commence tout juste lorsque Marie, Nomius, Iwell, Aeron et Mollacus prennent la route pour le pays de Galles. Ils s’enfoncent dans la forêt de Dean à la recherche du sang de dragon requis par Marie (et d’ailleurs une dent de lion vivant serait aussi la bienvenue ajoute-t-elle !). Les bois sont obscurs et semblent presque vivants et la petite troupe se trouve bientôt perdue. Ce n’est qu’au bout de cinq jours d’errance qu’un petit chemin les mène dans une vaste plaine coupée de ruisseau. A voir les moutons changer de couleur en traversant les cours d’eau (de blanc à noir dans un sens et de noir à blanc dans l’autre), aucun doute n’est permis les voilà bien en terre enchantée. Les bergers sont quant à eux bien humains et leur indiquent la direction du chef-lieu des terres du Roi de Souffrance. La bourgade est sans histoire et vaque à ses occupations. Elle est dominée par un château sur motte portant haut les couleurs du royaume perdu d’Ergyng. Le seigneur des lieux est un homme grisonnant et distingué à l’œil gauche masqué d’un bandeau de cuir. Il accueille les chevaliers à sa table en compagnie de ses trois filles et leur narre son histoire.
    Les malheurs de son royaume ont commencés bien avant le début de son règne à la mort de l’archevèque Dubricus, il y a une quarantaine d’années. Les bois sont peu à peu devenus plus denses et se sont peuplés de monstres hostiles jusqu’à finalement complètement isoler ses terres du reste de la Bretagne. Ses gens vivent dans d’assez bonne condition mais ils sont parfois agressés par de redoutables créatures. Le roi a d’ailleurs perdu ses deux fils parti combattre un géant terrorisant les bergers. Le seigneur Caradoc s’est alors vu donner le surnom de Roi de Souffrance en raison du malheur qui règne sur ses terres.
    Les chevaliers de Logres ne peuvent rester insensibles à un tel récit. Ils se proposent de partir combattre le monstre terrorisant la région et se mettent en route dès le lendemain.
    Deux heure de chevauchée les conduisent à un bien étrange paysage. Un arbre immense surplombe une colline. Une moitié est verte et feuillue alors que l’autre flambe d’un brasier ardent qui jamais ne s’éteint. Les chevaliers sont interpellés par une femme somptueuse dont la robe mi or mi dentelle verte semble faire écho à l’arbre :
    « Je suis Bryanne, princesse de Dean et fille de Gaia, et vous êtes les premiers mortels que je rencontre depuis bien longtemps. Depuis les murailles de CastelJoyeux, j’ai jadis vu vos pères combattre dans les plaines de joie pour permettre le ré-enchantement de la Bretagne. Je souhaite voir si vous en êtes les dignes descendants. »
    Nos amis l’assurent qu’ils sont ici pour combattre le mal qui tient ces terres, le monstre qui terrorise les gens pour commencer puis la malédiction plus profonde qui isole ce royaume de la Bretagne… A ces mots Bryanne se tourne vers le jeune Nomius et lui offre une pierre : « en cas de besoin tenez la fermement dans votre poing de bouclier » dit-elle. Puis, elle sourit, leur indique un chemin et tout simplement disparaît.
    Le sentier mène à une large clairière entourant un magnifique Dolmen de cinq à six mètres de diamètre. Sur la pierre un géant immonde et puant défie les chevaliers de sa lance. Conscient de l’avantage dont dispose le géant sur sa pierre, les chevaliers décident de l’encercler : Aeron attirera la créature tandis que Marie, Nomius et Mollacus escaladeront le rocher. Le plan n’ira pas jusque-là. Dès le premier coup d’épée, Aeron ouvre le ventre du monstre, le jette au bas du dolmen et le vide de ses tripes.
    L’antre et le garde-manger du monstre sont situés sous la pierre levée. La fouille des chevaliers est fructueuse. Nomius trouve deux boucliers cabossés aux armes d’Ergyng, sans doute les armes des fils du roi. Aeron met la main sur une épée. Si son fourreau est sale, son pommeau est orné d’un magnifique rubis et sa lame s’orne de textes en alphabet oghamique.
    Surgit de nulle part, Bryanne s’avance chevauchant une mule blanche. Elle pose pied à terre, donne un violent coup de pied dans la tête du monstre et prend la parole :
    « Ce géant s’appelait Grün. C’est une créature du roi de CastelMortel qui s’est libérée de son contrôle après la bataille de la plaine de Joie. Cette épée appartenait à mon amant tué par ce monstre, elle est destinée au plus pieux d’entre-vous » Aeron remet donc l’épée à sire Marie.
    La princesse de Dean indique alors la direction de Madalai où se trouve le roi Caradoc. Puis de nouveau, elle disparaît.
    La Cour accueille les vainqueurs du géant en héros et un grand banquet est organisé en leur honneur. Nomius, le cadet de l’équipe captive l’assemblée par son récit du combat. Les festivités se poursuivent tard dans la nuit. Les chants du barde Gwynil succèdent au récit de la naissance de Saint Dubricus conté par un moine. Profitant des connaissances du barde, Marie lui soumet le texte oghamique gravé sur la lame trouvée dans l’antre du géant : l’épée se nomme Tueur de Ver.
    Ces mots font immédiatement réagir le roi d’Ergyng. Celui-ci prend la parole pour narrer comment il a jadis perdu son œil :
    « A l’ouest d’ici vit le Ver Douloureux, dragon gardien d’une pierre magique qui tenue dans une main par le Haut Roi verrait, chaque jour, son autre main se remplir d’autant d’or qu’elle en peut contenir. Lorsque j’étais jeune, j’ai souhaité m’approprier cette pierre et je me suis porté à la rencontre du dragon accompagné de six fiers chevaliers. Hélas, son souffle était brulant et si nous parvenions à le navrer il s’envolait rapidement afin de régénérer ses blessures. Bien vite, trois compagnons gisaient au sol et les trois autres périrent pour protéger ma fuite non sans qu’un dernier souffle me fit perdre un œil. Depuis, personne ne s’est plus rendu dans le Val du Ver Douloureux ».
    A ces mots, les chevaliers de Logres n’écoutant que leur courage et leur fidélité envers Arthur décident de combattre la bête et de ramener son glorieux butin au Haut Roi de Bretagne. Ils partent donc vers la seigneurie de Haye dont les terres abritent la dangereuse créature.
    Après avoir jouté pour franchir un pont (Nomius n’enregistre toujours pas sa première victoire), la petite troupe atteint le bourg de Clifford. Le château sur motte semble bien mal en point mais Dame Fenws, seigneur des lieux, reste accorte malgré son âge déjà avancé. Son accueil est courtois mais elle précise que par tradition seuls ses propres chevaliers sont autorisés à manger à sa table. Elle fera néanmoins une exception pour tout invité ayant prouvé une valeur au moins aussi grande que celle de sa mesnie. Comprenant que ce discours est une élégante invitation à relever le défi, nos héros acceptent un duel à l’épée contre les chevaliers de Clifford afin de mériter un siège auprès de leur hôte (encore une défaite pour Nomius, cette fois-ci accompagné par le Comte Molacus).
    Au cours du repas, les invités en viennent vite à parler du Ver Douloureux. Dame Fenws connaît bien la créature. La présence de ce dragon, installé dans les ruines de l’église de Landerlaugabryn bloque la route principale reliant son fief à Bullit, obligeant commerçants et passants à un détour d’une quarantaine de miles. Le monstre est extrêmement dangereux et a déjà vaincu des dizaines de chevaliers. Le danger n’effraie pas nos valeureux héros qui se préparent à prendre la route dès le lendemain.
    Les quatre chevaliers, qui partagent une petite chambre au cœur du donjon, sont réveillés au cœur de la nuit par une silhouette qui tente subrepticement de s’introduire dans la pièce. Ils surprennent Jack un des valets du Castel qui nullement impressionné se révèle fort volubile. Celui-ci a entendu dire que les chevaliers désirent affronter le Ver Douloureux. Il a lui-même observé la créature à de nombreuses reprises et est prêt à concevoir avec les chevaliers un plan pour l’abattre. Il a d’abord constaté que la créature détestait le rouge (elle s’attaquait aux arbres rougis par l’automne) et se jette systématiquement sur tout mannequin vêtu de cette couleur. Le principal problème consiste néanmoins à l’empêcher de s’envoler pour guérir de ses blessures, il convient donc d’utiliser un grand crochet pour clouer le dragon au clocher de l’église. Pour lui faire avaler cet hameçon, un mannequin cramoisi fera l’affaire mais, celui-ci devra résister au feu du souffle afin que le monstre le soit obligé de le dévorer. Jack l’astucieux, qui mérite bien son surnom, est prêt à placer le leurre piégé dans l’église mais, il faut une diversion pour en éloigner le dragon. Chaque chevalier sera donc aussi muni d’un pantin rouge qu’ils découvriront tour à tour après s’être éloignés de quelques centaines de mètres. La petite troupe profitera du répit offert par la destruction des hommes d’osier pour se regrouper et attendra que l’appas final révélé par Jack ait été gobé par le dragon pour enfin l’attaquer. Un plan qui a défaut d’être simple doit permettre de terrasser la créature…

    Quelques jours plus tard, les chevaliers de Logres équipés de leurs mannequins sont en place en quatre points éloignés de l’église quand ils découvrent le Ver Douloureux… C’était mentir que de dire que l’église était son antre. L’énorme créature en déborde littéralement : son dos et ses ailes immenses surplombent de plusieurs pas l’ancien toit aujourd’hui disparu. Son long cou, incapable de tenir dans la bâtisse dépasse du portail abattu. Sa gueule est assez vaste pour gober d’un coup un cavalier et sa monture. La vison de ce monstrueux Bernard l’Hermite a de quoi remplir d’effroi le plus fier combattant. Marie, Nomius et Molacus sont comme saisis et incapables de faire le moindre mouvement. Seul Aeron découvre son mannequin avant de s’en éloigner au galop. Le dragon surgit dans une fureur noire et détruit le leurre en une rapide curée. Jack de son côté se dirige déjà vers le clocher quand le dragon se remet en route vers son repaire. Aeron ne peut que constater que ses compagnons, comme paralysés ne découvriront pas leurs pantins. Il ne peut pourtant se résoudre à laisser Jack se faire dévorer et par ses cris il attire sur lui le Ver Douloureux… Bouclier et acier contre crocs et écailles, souffle enflammé contre pure vaillance, le preux chevalier repousse deux assauts et à chaque fois navre la méchante créature. Blessée et furieuse, celle-ci s’envole afin de se régénérer et de terminer le combat par son seul souffle. Heureusement, Marie, Nomius et Molacus se sont repris au vu du danger encouru par leur ami et ils ont découverts leurs mannequins cramoisis. Le dragon ne peut résister à sa haine de cette couleur et se jette sur cette diversion. Ce délai permet à la petite troupe de se regrouper et à Jack d’installer son piège. Bientôt, le dragon mord à l’hameçon et se retrouve cloué au sol près du clocher. Les quatre chevaliers se ruent à l’hallali. Dans la chaleur des flammes et le vent brulant soulevé par les battements d’aile, les coups d’épée s ‘abattent et percent la carapace d’écaille. Le Ver s’acharne sur Aeron et par un coup chanceux le blesse gravement. Mais le coup ne l’abat pas et le baron poursuit le combat au mépris de sa vie, Nolius doit même s’interposer devant le souffle pour l’empêcher de finir carbonisé. Les quatre preux frappent encore et encore quand enfin le dragon s’effondre. Le silence de sa chute est suivi du fracas de l’effondrement du clocher affaibli par les coups de boutoir répétés du monstre.
    La poussière retombe sur cet incroyable exploit. Marie soigne les blessures d’Aeron bien proche de trépasser et Nolius récupère une magnifique pierre verte sertie sur la queue du monstre.

    Le petit groupe prend quelques jours de repos biens mérités avant de repartir vers Camelot . Dame Marie réussit à convaincre Dame Fenws de laisser Jack rejoindre la nouvelle université ouverte sur ses terres de Cambridge et Nomius courtise Justune la plus jolie des trois filles du roi Caradoc. Il rejoint aussi la mesnie du Baron Aeron dont il a sauvé la vie deux fois au cours du combat.
    Fin aout, Nomius offre la pierre du Roi Bladed (la gemme magique a été ainsi identifiée par le père Blaise) à Arthur. Et sous les yeux de la Cour médusée, la magie accomplit son œuvre et la main du Haut Roi d’or sonnant et trébuchant. Le roi reconnaît alors qu’il devient l’homme le plus riche du monde et récompense généreusement les quatre chevaliers (Nomius obtient ainsi son premier manoir près des terres de son nouveau lige).
    Enfin le roi charge le comte Molacus d'une importante mission : trouver un titre pour Marie car il ne sait jamais si il doit l'appeler sire ou dame.
    Ayant appris par diverses rumeurs que le basilique aurait été vu en Hertford, Molacus, Nomius, Marie et Aeron se mettent en route pour les terres du Comte Gauthier. Ils emmènent avec eux la belette dorée et comptent bien en finir définitivement avec la dangereuse créature qu’ils poursuivent depuis plusieurs années maintenant.

    Ce comté à une place particulière dans l’histoire de nos chevaliers. Leurs pères étaient vassaux du Comte Gilbert, père de Gauthier. Ils l’ont loyalement servi pendant de longues années et leur relation tenait plus de l’amitié que du lien de vassalité. Leur ascension dans la noblesse et au sein de la Table Ronde ont grandement participé à la gloire d’Hertford.
    Si la bataille de Basing en 518 a définitivement brisé la menace saxonne, elle a aussi prélevé un très lourd tribu sur la chevalerie bretonne. Hertford n’a pas fait exception à la règle avec la mort de Gilbert, Gwyon et de tant d’autres preux. Elle marque aussi l’affaiblissement des liens entre le comté et les descendants d’une génération de chevalier exceptionnelle (qui par leur gloire et leur fonction se consacrent à la cour d’Arthur ou à leur propres fiefs). Gauthier et son Comté sont donc bien moins glorieux aujourd’hui qu’à l’âge d’or correspondant au règne de son père.
    Le fief d’Enfield se trouve à quelques lieues au nord de Londres sur la route d’Hertford. Il abrite un monastère et un château confiés aux Templiers (un ordre de moines-chevaliers fondé par le Chevalier Blanc après la bataille de la Plaine de Joie) par le baron Aeron le Pieux, père de Marie. C’est donc très naturellement que la petite troupe y fait étape. Sire François qui dirige l’ordre en l’absence du Chevalier Blanc, les accueille chaleureusement et leur fait visiter les lieux. Le comte Molacus confie son plus jeune frêre Aedan aux bons soins de l’ordre. Il débutera comme page, poursuivra comme écuyer, avant de devenir si Dieu, veut un vrai Templier. Sire François, quant à lui, souhaite soumettre un dilemme aux quatre chevaliers présents. Son ordre a récemment été invité à un tournoi par le Comte Gauthier. Partagé entre les devoirs de son ordre et les conséquences politiques d’un refus, il hésite à s’y rendre. Les quatre preux sont unanimes. La présence des templiers à un tournoi peut être vue comme un entrainement aux armes et comme une manifestation de leur attachement aux terres de Bretagne si une condition néanmoins le permet : le thème du tournoi ne doit pas être contraire à leurs vœux. Enfin, sire François les renseigne sur le basilique. Les rumeurs le localisent à Anstey fief du Duc Gwern ou à Norton siège de sire Riceh, vieux chevalier de la Table Ronde et banneret du baron Aeron. Il a donc envoyé un groupe de cinq Templiers dans chacune des deux directions afin de traquer la bête.
    Fort de ces informations, les quatre chevaliers reprennent la route d’Hertford.

    Ils atteignent la ville à la nuit tombée. Les rues sont désertes et obscures sans aucun éclairage. Seul le grand château de pierre semble animé. La salle de banquet résonne de cris et de chants. Une quarantaine de chevaliers y festoient bruyamment devant un trône vide. Sire Gwrien, un homme de forte stature et intendant du fief accueille les quatre visiteurs au nom du Comte Gauthier. Celui-ci est en effet soufrant. Il a des difficultés à se remettre d’une blessure et est resté alité depuis 2 mois. L’ambiance est lourde, grivoise et bravache comme si la courtoisie prônée par Arthur n’avait pas encore atteint le fief. Gwrien explique d’ailleurs que le tournoi se déroulera à arme réelle et à outrance afin de prouver à tous la valeur et le courage des nouveaux chevaliers d’Hertford. Ce thème exclus d’office la participation des templiers et indispose quelque peu les quatre preux qui prétextent leur chasse pour refuser l’invitation. Ils reprennent donc la route le lendemain sans avoir rencontré Gauthier. Hertford n’est guère plus plaisante de jour que de nuit. Ses seuls ornements sont de nombreux gibets et le balancement de leurs lourds fardeaux.
    Le basilique n’est pas sur les terres d’Anstey mais, en approchant de Norton des arbres brulés révèlent sa présence. La ville de naissance de Saint Patrick est vivante et joyeuse. En son centre trône une grande église consacrée au grand évangélisateur de Bretagne. Elle est tenue par le père Anselme, oncle de Marie et grand ami d’Aeron. Le vieillard encore vif est aimé et vénéré comme un saint suite aux nombreux miracles qui entourent son existence. Riceh, le seigneur des lieux est lui aussi alité suite à quelques brulures reçues en combattant le basilique. Son épouse (elle aussi femme chevalier) et lui-même accueillent très amicalement leur seigneur baron et ses trois compagnons. La conversation est chaleureuse et en vient au comte Gauthier.
    « Cette histoire sent le soufre, dit Riceh, quatre chevaliers Gwrien, Uwen, Bötfanan et Gwerfwor ont rejoint l’entourage de Gauthier il y a un an ou deux. Depuis, le Comte est sous leur influence et Hertford part à vau l’eau. Je n’ai même pas réussi à rencontre Gauthier pour lui expliquer mes griefs et Gauthier Belles Mains a disparu »
    Ce fils de forgeron a été recueilli par les pères de nos chevaliers lors du terrible siège de Londres par les saxons. Ecuyer de Gwern puis, d’Aedan (une sombre histoire de gifle, de selle et d’orties), il est devenu un chevalier certes particulier mais, admirable. Il s’est avéré un intendant d’une grande efficacité pour le Comté. Nos quatre héros l’ont croisé une dernière fois il y a près de trois ans. Ils lui avaient demandé de profiter de ses voyages en terre picte (commerce de bière de bruyère oblige) pour se renseigner sur le Clan du Renard et l’épée blanche dérobée il y a de nombreuses années.
    Riceh et Aeron sont tous deux persuadés d’avoir déjà croisé Gwrien mais ils leur est impossible de mettre un contexte sur ce sentiment de déjà- vu. Tous agréent alors de revenir à Hertford pour éclaircir ce mystère mais aujourd’hui place à la chasse.

    La piste du serpent à huppe mène à un bien triste spectacle. Trois tombes fraichement creusés bordent un campement reconverti en hôpital. Dix templiers sont partis à la poursuite du basilique : trois sont morts et cinq blessés graves sont laissés aux bons soins des deux derniers moines-chevaliers valides. L’un de ces derniers mène les quatre preux vers le lieu de l’affrontement. La bête est là tel un gros serpent un peu ridicule avec sa huppe et ses rayures colorées. Cette fois les chevaliers sont prêts. Comme ils connaissent la virulence de l’acide contenu dans le crachat et le sang du basilique, chacun est vêtu d’une armure de cuir qu’il est facile d’ôter rapidement ainsi que d’une épée et d’un bouclier de rechange. La belette dorée est placée sous le vent à la garde des écuyers pour bondir sur sa proie dès que le monstre cherchera à s’enfuir.
    Une fois encore Mollacus est le premier à s’élancer. Il pare le premier jet d’acide du basilique de son bouclier mais, le second touche son armure et, il doit stopper sa course pour l’ôter. Le troisième tir touche Nomius qui doit à son tour quitter son armure avant que le venin ne touche sa peau. Aeron est finalement le premier au corps à corps, il pare le crachat de son bouclier et inflige une terrible blessure au serpent à huppe. Il doit alors se débarrasser de son équipement avant que l’acide ne ronge ses chairs. Heureusement, Marie, Nomius et Mollacus sont maintenant au contact (les deux derniers sans armure) et un étrange ballet se déroule alors. Dès qu’un chevalier navre la créature, il doit se débarrasser de son épée recouverte du sang acide du basilique, de même pour un bouclier ou une armure soumise au venin du crachat. De longues secondes s’écoulent ainsi, le monstre esquivant plusieurs attaques grâce à une rapidité quasi surnaturelle. Marie sauve la vie de Nomius en s’interposant devant un crachat qui aurait attaqué son corps maintenant dépourvu d’armure. Finalement, le serpent est abattu par deux coups simultanés d ‘Aeron et de Molacus. Comme à son habitude, il rétrécit et s’enfuit à toute vitesse. Mais cette fois-ci, les écuyers sont prêts et la belette dorée jaillit de sa cage à la poursuite de son ennemi héréditaire. Ainsi finit le basilique, après des années de chasse, dévoré par un animal plus petit qu’un chat. Les chevaliers sont presque surpris qu’aucun d’eux n’ait été blessé au cours de cette confrontation et c’est le cœur léger qu’ils prennent la route d’Hertford afin de lever le voile sur le sort du comte Gauthier…

    A leur arrivée, en ce lundi de septembre, ils sont de nouveau accueillis par Gwrion. Le comte ne sera pas visible avant le tournoi et nos quatre chevaliers n’ont du coup pas d’autre choix que de s’y inscrire. L’intendant leur donne d’ailleurs le programme. Le tournoi débutera dans deux jours par le combat entre un ours et un lion (au grand intérêt de Marie qui cherche toujours une dent de lion vivant). Il sera suivi du bohors pour les roturiers (là encore à armes réelles) et d’un jour de repos. La mêlée aura lieu le quatrième jour et opposera dans un combat à outrance les chevaliers d’Hertford à l’ensemble des invités. Les trois derniers jours seront consacrés aux défis.
    Après réflexion, nos quatre héros sont abasourdis par ce programme : la mêlée qui verra sans doute la mort de nombreux chevaliers aura lieu le dimanche jour du Seigneur. Le comté est depuis toujours une terre romaine animée d’une grande ferveur chrétienne et ils décident de rencontrer le prêtre des lieux afin de lui demander avis sur ce point. Nouveau choc, ils trouvent l’église et la sacristie fermées et visiblement abandonnées depuis de longs mois. Aeron cherche à se renseigner auprès d’un marchand dont le commerce a pignon sur le lieu de culte mais l’homme visiblement terrorisé (même en présence d’un chevalier de la Table Ronde) refuse de répondre à ses questions.
    Déçus, les chevaliers rejoignent le campement des invités et organisent un banquet afin de faire connaissance avec les hommes aux côtés desquels ils vont combattre dans quelques jours. Ces jeunes hommes, la plupart tout juste adoubés, sont fascinés et honorés d’une soirée en si glorieuse assemblée. La nuit est bien avancée quand Aeron rejoint sa tente et trouve une clé abandonnée bien en évidence sur son lit. Avec ses compagnons, il passe devant des sentinelles somnolentes et peu attentives pour rejoindre l’église. Comme prévu, la clé ouvre la sacristie. Celle-ci est visiblement désertée depuis de long mois mais une grande surprise les attends dans l’église. Le chœur est visiblement utilisé régulièrement mais la croix du Christ siège à l’envers. Une fouille rapide révèle d’autres signes du démon (peau de bouc, traces de sang et autres godemichet). Lorsqu’Aeron approche sa main pour redresser la croix une forte brulure l’empêche de poursuivre.
    Face à ces diableries, les quatre compagnons prennent des mesures immédiates. Abadin fils d’Abadin le Fortuné, écuyer de Gwyon part pour Norton et Dunstable, afin de ramener le père Anselme escorté du plus grand nombre de mesniers qu’il pourra trouver. Le saint homme pourra ainsi exorciser l’Eglise du mal qui s’y terre. Elias, écuyer de Molacus part vers Enfield demander l’aide des Templiers car il faut empêcher coûte que coûte le combat sanglant planifié le jour du Seigneur. Enfin, Salvatore le Montagnard, le plus vieil écuyer de Molacus sera en charge de surveiller l’Eglise la nuit et de prévenir les Chevaliers en cas de cérémonie impie. Ces mesures prises les quatre preux se préparent à la confrontation des jours à venir.

    Dès le matin, le camp bruisse d’une intense activité. Les écuyers s’activent sur les armures et les armes jusqu’à les faire resplendir, les selleries sont huilées et les chevaux brossés car en ce mercredi matin a lieu la cérémonie des heaumes. Les chevaliers vont parader dans la ville afin de saluer la population et chacun cherche à se présenter sous son meilleur jour.
    Le rassemblement a lieu sur la place principale d’Hetford où les hérauts cherchent à ordonner le défilé dans une cohue d’hommes et de chevaux. En tête, se tiennent les trois nouveaux officiers du Comte Gauthier Uwen, Bötfanan et Gwerffwor suivis de l’ensemble des chevaliers d’Hetford puis, seulement arrivent les invités avec à leur tête nos quatre valeureux héros. Cette organisation est contraire aux règles usuelles de tournoi et aux usages de la courtoisie où la préséance respecte la hiérarchie médiévale (le comte Mollacus devrait donc se trouver au premier rang) mais, nos amis se mettent en route sans barguigner. Les acclamations dont ils sont couverts leur prouvent d’ailleurs que les chevaliers de la Table Ronde tiennent une place importante dans le cœur du peuple quel que soit l’ordre du défilé. Après un long périple en ville, le cortège se rend sur le pré pour le banquet de bienvenue. Gauthier toujours souffrant y est représenté par sire Gwrien qui n’accueille à sa table que des chevaliers d’Hetford, les invités étant une fois encore repoussés loin de la table d’honneur. Lorsqu’Aeron s’enquiert de cette nouvelle discourtoisie auprès d’un héraut, celui-ci laisse entendre mal à l’aise que les chevaliers ont été placés sur ordre et non de son fait.
    Le festin est néanmoins somptueux. Sire Iwell avec sa grâce naturelle récolte de nombreuses rumeurs auprès des invités autant que des serviteurs : le prêtre de la ville serait parti en pèlerinage pour la guérison du comte que l’on ne voit plus depuis 2 ans, la comtesse serait quant à elle morte en couches, Gauthier semblait bien connaître ses nouveaux officiers et mettre de grands espoirs en eux du fait de leur ascendance… Aeron est bien moins chanceux lorsqu’il aborde la santé du Comte avec les chevaliers locaux. Ceux-ci avouent être sans nouvelles de lui avec des regards fuyant et le baron n’arrive pas à déterminer si ils sont mal à l’aise ou seulement impressionnés par son rang.
    Marie, est comme à son habitude très attentive à son environnement. Elle commence par éclaircir le sentiment de déjà vu qui l’habite en présence des officiers d’Hetford. Sire Uwen par exemple ressemble fortement à sire Owen l’intendant d’Isatis le Très Chrétien baron de Kingsburry. Peut- être ces quatre chevaliers sont-ils tous simplement les fils de quelques personnalités croisées au cours de leurs aventures ? Elle remarque aussi Mordred membre du Clan d’Orcanie et frère de Gauvin. Le jeune chevalier si avenant à la cour il y a quelques mois, semble renfermé et colérique. Après avoir renvoyé toute compagnie, il se trouve bientôt seul à sa table. Deux jeunes chevaliers d’Hetford insistent pour engager la conversation malgré son visage fermé. Lorsqu’ils mentionnent son père, la rage de Mordred explose : il renverse la table et défie les 2 hommes en les souffletant virilement avec son gantelet d’armure… Nos amis apprendront par la suite que Mordred a récemment gagné le tournoi de Pending en joutant contre de nombreux et valeureux adversaires. Il semblait comme possédé et habité d’une véritable furie. Après avoir désarçonné Lancelot lors de la finale, il s’est saisi de son prix sans un mot avant de quitter les lieux...
    Le banquet se poursuit tard dans la soirée et le vin coule à flot. Aeron profite des festivités pour se rendre au château afin d’enfin rencontrer Gauthier mais, une fois encore des soldats lui barrent la route. Ils refusent de plier devant son rang et son lien de vassalité (il est banneret du comte pour son fief de Dunstable). Quand le ton dégénère et que l’on manque d’en venir aux mains, le baron renonce afin de ne pas faire couler inutilement du sang breton. La nuit ne se déroule pas sous de meilleurs auspices, la garde de Salvatore auprès de l’église se révélant vaine…

    Le second jour est consacré au combat des animaux qui doit se dérouler après le banquet du midi. Mollacus souhaite se rendre sur la tombe de son grand-père Cunaubarus. Il profite donc des festivités pour s’enquérir de sa localisation. Peu physionomiste, il interroge directement sire Bötfanan. Celui-ci se révèle très bavard et s’empresse de conter comment lui et ses compagnons ont jadis sauvé le Comte d’une meute de loup. Gauthier reconnaissant les a bien sur accueilli sous son toit et le malheur a voulu que ses trois officiers, Mérange le connétable, Tadd le maître de chasse et Ostance le Sénéchal disparaissent tous trois au cours d’une chasse quelques jours plus tard. C’est alors tout naturellement que le Comte a offert les offices désormais disponibles à ses valeureux sauveurs ! Tout le monde en aurait fait ainsi n’est-ce pas ! Quant à la tombe de Cunaubarus demandez au vieux qui habite près du cimetière et faîtes-moi penser à le brancher avec une bonne cravate de chanvre s’il vous manque de respect…
    Ces propos renforcent encore les craintes de la petite troupe. S’ils connaissaient peu Tadd et Ostance, ils savent bien que Mérange était un connétable d’opérette qui ne quittait jamais la cuisine du château trop occupé à entretenir d’entretenir son abondante bedaine. Pour qu’il parte à la chasse d’une volaille, il fallait qu’elle soit plumée, embrochée et bien rôtie dans l’âtre dont il ne s’éloignait d’ailleurs jamais.
    En début d’après-midi, nobles et manants se regroupent autour d’une vaste fosse emprisonnant un énorme taureau et un lion. Les deux créatures semblent affamées et excitées. A peine libérées elles se jettent l’une sur l’autre pour une courte mêlée. En deux coups de griffes et quelques secondes, le lion a éventré le taureau qui s’abat en mugissant (pour le plus grand bonheur de Marie qui souhaite toujours récupérer une dent du grand fauve pour son mystérieux projet). Le sénéchal Gwrion, très en verve, invite chevaliers puis paysans à un combat singulier contre le roi des animaux. Mais après une si impressionnante prestation, il se trouve sans aucun volontaire et apparemment déçu que le bain de sang s’arrête aussi rapidement.

    Nos quatre chevaliers profitent de l’après-midi pour se rendre au cimetière. Le vieil homme qui en a la charge les mène rapidement à la tombe du grand père de Mollacus mais surtout, Aeron reconnaît en lui Gauthier Belles Mains le chevalier-espion d’Hertford. Après une courte prière, le faux vieillard invite ses visiteurs à boire un godet dans sa masure et surtout à une discrète conversation loin des regards…
    Gauthier Belles Mains est rentré d’un voyage en terre pictes de plus de trois ans il y a deux semaines maintenant. Il en a ramené de la bière à la bruyère et des informations sur l’épée blanche et le Clan du Renard mais, est surtout préoccupé par la situation qu’il a trouvée à son retour. Hetford est entièrement sous la coupe des nouveaux officiers et comme les passages dérobés du château n’ont aucun secret pour lui, il a pu vérifier que le Comte est endormi d’un sommeil fort peu naturel dont rien ne semble pouvoir le tirer. Pire, par une habile et rapide enquête, il a même pu déterminer les origines des quatre jeunes gens. Il y a une trentaine d’années, les sire Gwion, Gwern, Aeron le Jumeleur, Isatis, Owen et Riceh sont passés par Grandcompton en Tribuit, village alors peuplé de sorcières. Il semble bien que plusieurs voyageurs ce soient alors laissés corrompre par les charmes de ces filles de la nuit. Uwen serait donc le fils de sire Owen et Gwrien celui de Riceh. Bötfanan ressemble fortement à Servidius, le chapelain d’Anstey et Gwerffwor à sire Ulprus, écuyers respectifs de Gwern et Isatis à cette époque. Gauthier a donc laissé la clé de l’église sur la couche d’Aeron afin que nos valeureux compagnons se rendent compte par eux même de la dépravation à l’œuvre en ce lieu.
    Face à ses terribles révélations (adoucies néanmoins par le célèbre goût de la bière à la bruyère), deux questions se posent : comment rendre son pouvoir à Gauthier ? Mais surtout, comment éviter un bain de sang? La plupart des chevaliers d’Hetford doivent en effet servir les usurpateurs en toute bonne foi.
    Un plan est rapidement conçu : la petite troupe enlèvera Gauthier dès cette nuit. Les prières des Templiers ou du père Anselme devront alors le remettre rapidement sur pied. Lorsqu’on leur présentera le Comte, les chevaliers loyaux rejoindront leur lige, séparant le bon grain de l’ivraie et seuls les impies seront chatiés.
    Rendez-vous est donc donné après minuit à la chaumière, Gauthier Belle Main insistant lourdement sur l’absence d’armure afin de bénéficier d’une relative discrétion.

    Lorsque la nuit tombe, Marie, Iwell, Mollacus et Aeron équipés d’un simple surcot prennent le chemin du cimetière. En route, ils sont interceptés par Salvatore qui a vu une troupe entrer dans l’Eglise abandonnée. Après avoir rejoint Gauthier Belles Mains, la petite troupe décide, dans un premier temps, d’en savoir plus sur ce qui se trame dans le lieu de culte.
    Pénétrer dans la sacristie n’est pas un problème pour un homme de l’habileté de Gauthier Belle Main qui part ensuite faire une discrète reconnaissance à la porte donnant sur l’Eglise. A son retour dans la bâtisse toujours plongée dans l’obscurité, il chuchote : « j’ai vu quatre hommes nus, l’un coiffé d’une tête de bouc, mener un rituel impie autour de l’autel. Ils sont accompagnés de quatre sorcières e la nef contient une quinzaine de spectateurs encapuchonnés et armés d’épées ».
    Aeron prend alors la parole:
    « cette église est déjà souillée et le sauvetage du Comte nous permettra de reprendre le fiefs sans morts inutiles ».
    « Ah j’oubliais, reprend Gauthier, ils sont en train de sacrifier une jeune fille… »
    « Nous ne pouvons l’abandonner » s’exclament alors nos quatre héros comme un seul homme.
    « A un contre cinq, j’aurais mieux fait de me taire » conclut Gauthier.
    Gauthier est envoyé au campement quérir des secours auprès de sire Mordred tandis que les quatre chevaliers se précipitent dans la nef pour secourir la jouvencelle. Marie bondit sur l’autel et abat difficilement l’hérétique à tête de bouc (sa peau est aussi dure que du métal). Aeron et Mollacus affrontent les autres sorciers et les furies qui leur servent de mère pendant qu’Iwell profite de leur protection pour conduire la damoiselle en lieu sûr. Tous remarquent le fond du chœur emplit d’un portail miroitant. Cette diablerie mène sans doute vers quelque ténébreux royaume mais, préoccupation plus immédiate, il faut engager toutes ses forces dans le combat.
    La surprise est maintenant passée et après avoir dégainés leurs épées une quinzaine de sectateurs quittent leurs bancs pour se joindre à la mêlée. Les chevaliers se replient en combattant furieusement. Aeron abat un nouvel hérétique après avoir été blessé par sa main nue aussi tranchante qu’une épée. L’adversaire de Mollacus résiste à des coups d’épée qui auraient tranchés en morceaux un humain ne bénéficiant pas de sa résistance impie. Assaillie par trois combattants Marie s’effondre gravement touchée au flanc. Heureusement, Iwell a la présence d’esprit de renverser un des bougeoirs éclairant la chapelle et le sol recouvert de paille s’embrase rapidement semant la confusion parmi les assaillants. Réfugiés dans la sacristie, les trois chevaliers abattent facilement quiconque tente de franchir la porte. Soudain, les ennemis hésitent puis abandonnent l’Eglise à la hâte. Malgré les flammes, il faut retourner dans la nef pour secourir Marie. Mais la chaleur n’est pas le seul danger, le portail est ouvert et une énorme créature occupe le chœur de la chapelle. La manticore est menaçante menace les trois hommes armés de son dard mais elle préfère finalement s’emparer d’un corps sans vie, une proie largement plus facile, avant de regagner l’immonde royaume dont elle est issue…
    Lorsque les quatre héros quittent enfin l’Eglise en flammes, c’est avec soulagement qu’ils voient arriver le secours d’une trentaine de chevaliers dirigés par Mordred. Tandis que Gauthier Belles Main part chercher le Comte, la troupe se réfugie au campement pour se préparer à un assaut qui ne viendra pas.

    Au matin, les choses vont pour le mieux. Gauthier reprend peu après conscience après avoir été extirpé du château par l’autre Gauthier (celui aux Belles Mains). La mort pendant le combat de la nuit de trois des quatre sorcières a sans nul doute brisé le sortilège qui le maintenait endormi. De plus, une trentaine de Templiers nouvellement arrivés renforce les « assiégeants » tandis que la confusion semble régner au sein de la ville. Lorsqu’en début d’après- midi, le Comte se présente au château, les portes lui sont immédiatement ouvertes et chevaliers et hommes d’armes l’accueillent avec ferveur. Les quelques survivants de la secte se sont enfuis et Gauthier, qui n’a aucun souvenir depuis son accident de chasse , peut enfin reprendre le contrôle de son domaine. Mais les quatre preux n’ont pas oublié la présence de nombreux spectateurs à la messe noire. Et si certains ont péri de leur mains d’autres se sont échappés. A son arrivée de Norton, le père Anselme va donc interroger chacun des membres de la mesnie d’Hetford. Avec lucidité et intelligence, il va identifier cinq chevaliers adorateurs de Satan. Aeron et Molacus en tant que Chevaliers de la Table Ronde, représentent la justice du Roi mais, pour symboliquement réassurer le pouvoir de Gauthier, ils confient les cinq suppôts du mal à son jugement. Le Comte ne prend pas de demi-mesure envers ces félons : les cinq chevaliers sont déchus de leur rang puis pendus.
    Les quatre compagnons peuvent quitter Hetford rassurés, le fief est de nouveau en de bonnes mains. Marie, à qui Gauthier ne peut rien refuser, obtient la dent de lion tant convoitée et chacun repart hiverner sur ses terres.

    Aeron retrouve ainsi sa belle et fière épouse de retour de ses études en Avalon. Arianwen avoue avoir eue de grandes craintes pour son mari. Lorsqu’elle passait par hasard devant un miroir en pensant à lui, une scène s’est soudain reflétée sur le métal poli. Aeron et ses compagnons étaient accueillis à la tablée de vieux et joyeux chevaliers mais, la magie de la vision a révélé la présence du Diable des Chrétiens dans la maisonnée. Resituant la scène, le baron comte sa visite a Puddletown et la triste histoire de Galager et de Gwynifred. A la lumière de la vision d’Arianwen, le récit s’éclaire d’un jour nouveau. Lorsqu’il a accueilli les chevaliers saxons à son banquet, sire Galager s’est exclamé : « en ce jour de fête, j’accueillerai Satan lui-même en mon château ». Le Diable en bon coquin a accepté l’invitation et la présence du mal absolu a paniqué la Mère des Loups qui s’est enfuie pour protéger son enfant. Une simple boutade a déclenché un carnage mais aussi permis de révéler des comploteurs et des félons.


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    Re: Pendragon : la geste

    Message par tof le Jeu 19 Sep 2013, 21:53

    Intermède : le récit de Gauthier Belles mains.
    J’ai mis plus de deux ans à retrouver la trace du Clan du Renard tant ses membres sont discrets et rusés.
    Le gros du Clan, une quinzaine de familles toujours menées par leur chef s’est réfugié dans le village de Thurso sur les terres de Caithness au nord du nord de la Bretagne, tout prêt de l’Orcanie. Ils se sont intégrés à la population de pêcheurs sans faire de vague et en gardant profil bas. Leur chef est néanmoins devenu le seigneur officiel des lieux et parmi ces gens officiellement animistes, de plus en plus d’hommes portent des tatouages de renard. Je n’ai repéré aucune trace de l’épée blanche ni de l’armure blanche. Néanmoins, le village abrite une maison très fortement gardée dans laquelle je n’ai pu m’introduire malgré mes déguisements et mes ruses. Il faut dire que leur méfiance est telle que j’ai failli par trois fois être démasqué.
    Un autre groupe, plus restreint a rejoint la Cour d’Orcanie. Ces chevaliers font partie de l’entourage proche de Morgause, la demi-sœur d’Arthur.
    Enfin, une dernière piste mènerait jusqu’au Nohaut cette terre d’où sont issus les chevaliers félons que vous avez affronté en Icénia. Je n’ai malheureusement pas eu le temps de me rendre sur place afin de vérifier ces rumeurs…


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    Re: Pendragon : la geste

    Message par tof le Lun 02 Déc 2013, 20:02

    Année 535 :
    En ce printemps doit se tenir le grand tournoi organisé par Marie sur ses terres de Cornouailles. Le roi Arthur et la reine Guenièvre seront présents ainsi que la fine fleur de la noblesse et de la chevalerie bretonne. Marie a confié l’organisation de ce grand événement à sire Lupinus qui doit organiser les festivités et l’accueil de près de 2000 chevaliers et des quelques 10 000 personnes de leur suite. Fait exceptionnel, ce tournoi sera, par dérogation royale, le premier organisé avant la Pentecôte depuis l’avènement d’Arthur.
    Marie, Iwell, Nomius, Mollacus et Aeron se sont donnés rendez-vous aux derniers primas de l’hiver pour faire route ensemble jusqu’en Cornouailles. Le trajet se déroule sans encombre amis, il faut dire que les suites du comte et du baron comptent près de 300 personnes dont au moins 70 chevaliers. Dès son arrivée, Marie ne peut que louer le formidable travail d’organisation réalisé par sire Lupinus. Elle corrige néanmoins quelques détails pour ajuster la décoration à ses gouts personnels : il y aura donc moins de gibets et plus de fleurs.
    Avant le début du tournoi, Marie décide de se rendre au puit de Madron afin d’inviter Bonadéa la reine du printemps aux réjouissances. Pour rencontrer la fée, il faut descendre au fond du puit situé près d’une chaumière ou une vieille femme sarcle son jardin. Son domaine est une vaste roseraie où les bourgeons commencent tout juste à éclore en ce tout début de printemps. D’ailleurs, Bonadéa ressemble à une jeune fille de douze ou treize ans déjà très belle. Au cœur de la saison c ‘est une femme magnifique et elle refuse de se montrer en hiver.
    Bien sûr, la reine accepte avec joie de participer aux festivités. Aeron profite de cette entrevue pour s’enquérir du roi Aujourd’hui d’Ailleurs. D’après Bonadéa, son royaume accueille les êtres faëriques après leur mort mais sa sœur la Reine de l’Hiver connaît peut être un passage accessible pour de simples humains. Mais pour la rencontrer, il faut se rendre sur la plus haute montagne de Bretagne au cœur de l’Hiver.

    En quelques jours, les champs entourant Padstow se remplissent de tentes et de pavillons. L’affluence est telle que la population du village est multipliée par 10 ou 20 et que seuls Arthur et Guenièvre peuvent loger au sein du modeste château. Le tournoi commence enfin au premier jour d’Avril par le bohors une mêlée traditionnelle qui voit s’affronter écuyers, soldats et manants. C’est Abadin fils d’Abadin le Fortuné, l’écuyer d’Aeron qui remporte l’épreuve et le baron l’adoube sur le champ d’honneur en récompense de son exploit.
    Le défilé des heaumes va s’étaler sur deux jours, le temps de laisser les 2000 chevaliers présents défiler. Au banquet du soir, Marie prend la parole face aux plus grands nobles de Bretagne. Elle offre deux magnifiques cierges à leur effigie à Arthur et Guenièvre qui sont immédiatement allumés en l’honneur de si nobles hôtes. Puis, après un discours émouvant, Mollacus, Aeron, Iwell et Marie se voient chacun remettre une corde magique et indestructible en symbole de leur indéfectible amitié (et les chevaliers comprennent enfin l’utilité des ingrédients qu’ils ont mis deux ans à réunir).
    Nomius est heureux de retrouver Justune la fille du roi d’Herling qu’il courtise depuis plus d’un an. Consciente de ses gages d’amor , la jeune fille lui impose une nouvelle épreuve : participer au concours de poésie. Nomius, si il n’est pas poète est néanmoins habile et il s’empresse de se faire aider par un troubadour contre monnaie sonnante et trébuchante. Le poème écrit, il s’entraine alors à le déclamer avec toute la passion de sa flamme.
    Les joutes vont s’étaler sur une semaine. Le jeune Nomius s’y couvre de gloire en passant 7 tours. Mollacus et Aeron en passent neuf pour se retrouver parmi les huit finaliste avec Dragan, Lancelot, Lamorak, Gauvain, Tristan et Mordred. Ils sont alors respectivement terrassés par Dragan et Tristan. L’épreuve est finalement remportée par Dragan qui bat Gauvain en finale.
    Les jours suivants marquent une pause dans la compétition avec l’organisation d’une chasse courtoise avec la participation des dames. Marie, Aeron, Mollacus et même Nomius ont l’honneur de chasser avec d’Arthur et Guenièvre, Arianwen ayant manœuvré pour que le jeune chevalier soit invité. Elle a en effet estimé que le magnifique destrier qu’elle lui a offert en début de tournoi ne suffisait pas à payer sa dette (Nomius a par deux fois sauvé la vie d’Aeron).
    Les chasseurs laissent filer deux proies faciles avant de se lancer à la poursuite d’un petit géant. Premier arrivé sur place, Aeron laisse courtoisement la mise à mort à son roi.
    L’ambiance est amicale, dames et chevaliers devisant joyeusement. La chasse va reprendre les pisteurs ayant détecté une meute de loups lorsque brutalement le Roi et la Reine s’effondrent tombant brutalement de leur monture. L’examen d’Aranwen, grande guérisseuse si il en est, ne révèle aucune trace de blessure. Arthur et Guenièvre sont comme endormis mais d’un sommeil si profond que rien ne peut les en tirer. Il y a forcément quelque sorcellerie sous cette attaque et après avoir discrètement regagné le château, frêre Isgaran est immédiatement convoqué au chevet des deux époux. Après un minutieux examen, il assure qu’il y a bien magie mais que celle-ci n’est aucunement liée au diable et qu’il n’est donc pas en son pouvoir de réveiller les malheureuses victimes.
    Un conseil de guerre est rapidement tenu. Il est décidé de garder l’affaire secrète afin de ne pas paniquer l’assemblée. Marie restera donc sur place pour veiller au bon déroulement du tournoi. Mollacus, Keu et Gauvain iront quérir l’aide de la reine Bonadéa qui doit pouvoir être sur place d’ici deux jours. Aeron, quant à lui va profiter de l’endurance de Jaelag sa monture faërique pour se rendre jusqu’en Avalon auprès des Dames du Lac. Nomius reste sur place car il ne peut décevoir sa belle. Il fait d’ailleurs, une magnifique prestation au concours de poésie sous les yeux de Justune mais ne peut ravir le trophé à sire Erel un jeune chevalier de la Table Ronde.
    Lorsque Bonadéa arrive au chevet des époux royaux, elle constate immédiatement la présence d’un puissant sortilège. Tel un limier, elle en poursuit la source à travers le château puis jusqu’au cœur du campement dressé pour le tournoi et désigne d’un geste assuré les deux cierges que Marie a offert à Arthur et Guenièvre : « une malédiction a été lancée sur ces objets afin de plonger dans la torpeur ceux qu’ils représentent. Lorsqu’ils seront consumés ceux-ci mourront. Je ne connais pas cette magie, elle provient d’autres Dieux que les miens et seuls un expert en bénédiction pourra en contrer les effets ».
    De son côté, Aeron atteint les rivages du lac abritant Avalon après une épuisante chevauchée. Prévenue par une quelconque vision, une jeune Dame du Lac est déjà là pour l’accueillir. De retour à Padstow, celle-ci confirme les constatations de la reine du printemps et s’empresse de consulter les astres : « il vous faut mener Arthur et Guenièvre jusqu’au puit de Madron auprès de mère Aquilée la guérisseuse avant que 4 jours ne se soient passés ». Les deux époux sont installés dans un chariot qui prend immédiatement la route escorté de Marie, Aeron, Mollacus, Nomius, Gauvin et Keu. Cette discrétion porte d’ailleurs ses fruits : même si l’assemblée a bien constaté l’absence du Roi et de la reine, nul ne s’inquiète. Des rumeurs prétendent même que les époux se sont isolés afin de concevoir le tant espéré héritier de Bretagne…
    Arrivés près du domaine de Bonadéa, les chevaliers son effarés de constater que la vieille femme qu’ils prenaient pour une simple paysanne est en fait une puissante magicienne. Au lever du jour, la mère Aquilée assistée de Bonadéa et de la Dame du lac commence le rituel en égorgeant un puissant taureau. Les trois femmes entièrement dénudées vont incanter et danser pendant toute la journée avec un point culminant lorsque le soleil est au zénith. Au lever de lune, la malédiction est levée et le roi et la reine sortent enfin de leur torpeur. Ils n’ont aucune conscience du temps qui s’est écoulé depuis la chasse mais, mis au courant des évènements, ils chargent nos héros de châtier les coupables. La Dame du Lac peut d’ailleurs leur fournir un précieux indice. Elle pense que la magie utilisée est d’origine saxonne et que la puissance du sort est telle que le lanceur de sort a dû payer un prix élevé à ses Dieux : il a dû offrir une oreille voire un œil et est de toute façon sévèrement mutilé. Après une cavalcade joyeuse, la petite troupe arrive à Padstow juste à temps pour participer à la chasse au faucon. Enfin, les défis donnent lieu à des combats certes amicaux mais néanmoins dangereux (Tristan est gravement blessé par Mollacus), et le temps de la remise des prix arrive. Sire Erek, le jeune fils du roi de Laq est déclaré vainqueur et reçoit un magnifique destrier des mains de Marie.
    Il est maintenant temps de rejoindre Camelot à l’allure lancinante de la cour royale. A Donnington, sire Lupin invite la petite troupe à son tournoi du mois d’aout et sous la pression de la reine ceux-ci ne peuvent guère refuser.
    Avant de partir en chasse des félons qui ont tentés d’assassiner le couple royal, Aeron se rend à la demande de sa femme auprès du maître forgeron Ermel qui doit lui forger une extraordinaire armure à ses armes. Aeron est abasourdi : le prix de l’objet permettrai d’entretenir 8 chevalier ou 400 hommes d’arme voire de construire un petit château ! Une conversation avec sire Gauvain qui passe le même type de commande éclaircit la situation « Marie a eu l’idée de faire porter aux chevaliers de Bretagne de magnifiques armures afin de guider et éclairer le petit peuple. La reine et dame Arianwen se sont aussitôt enthousiasmées à cette idée !». Le baron est las des initiatives de Marie. Blanchi sous le harnois, il pense que les qualités d’un chevalier vont bien au-delà des apparences. Connaisseur des hommes, il sait aussi que leur faire confondre gloriole et vertu peut entraîner ceux-ci bien loin des pas du Christ. Las, il n’a jamais rien pu refuser à son épouse et si il ressemblera à un paon, Dieu au moins saura qu’il n’a agi que par amour…
    Nos chevaliers commencent par se rendre à Né-d’une-vierge, sur les terres duc Gwern afin de rencontre le wika (prêtre saxon qui s’y trouve). L’aide de l’homme s’avère précieuse. Il commence par expliquer que seul le plus puissants des wikas serait capable de lancer une telle malédiction sans le payer d’une terrible mutilation. A son sens, Camille en aurait été capable. Pour les vivants, deux noms seulement lui viennent à l’esprit Ethfrida la reine du Nohaut ou Grünhild de Sorestan qui dirige des brigands saxons depuis le cœur d’une profonde forêt. Puis, à l’aide d’un long rituel il fabrique une lanterne : une fois ouverte, la lueur qu’elle contient se rendra directement devant l’auteur du sortilège. Enfin convaincu que le malveillant sorcier voue une haine profonde et personnelle aux chevaliers, il lance une divination afin d’éclaircir le lien qui les unis. Sa vision se découpe en trois parties distinctes : tout d’abord une croix accompagnée de la rune peorf (signifiant l’hospitalité, le jeu, la danse, le chant ou l’amour). Puis, il voit trois animaux : une panthère, un serpent et un chien. Enfin, la dernière vision contient trois runes : peorf à nouveau, une rune Tyr (symbolisant l’épée, le valeureux, le juste ou l’ordalie) de petite taille et enfin Torn (dégats, rancœur ou intrigue).
    Il faudra de longues heures de réflexion pour comprendre le sens de ces visions et pour ce faire plonger dans l’histoire de la parentèle de chacun des chevaliers présents.
    500 : Aeron, le futur Duc de Redychane chasse des usurpateurs de ce qui n’est encore qu’un comté.
    512 : Uren le Grand son fils épouse Ariane la sœur du baron Aeron de Basing.
    515 : ce même Uren disparaît au cours d’une chasse.
    518 : bataille de Baden. Gwern idenfifie Uren le Grand parmi les combattants saxons. Il arrive à lui faire reprendre raison et celui-ci finit la bataille au côté des forces d’Arthur.
    519 : Aeron épouse Angarade la fille de Meyrin du Dorset
    521 : Cinq chevaliers félons tentent d’enlever la fille de Gwern et Ariane la sœur d’Aeron. Ils échouent et l’un d’eux trouve la mort.
    522 : Beletor, père de Mollacus inaugure le marché au chevaux de Thetford. Au cours des festivités, Angarade est assassinée par la dague d’Arianwen, sœur d’Uren le Grand. Quatre chevaliers s’enfuient et finissent dévorés par un géant après une longue poursuite. Pour tous ce sont les survivants de la tentative d’enlèvement de l’année précédente. Ces quatre couards avaient pour nom Calictus de Chyppburn, fils de l’usurpateur chassé de Reydichanne par le Duc Aeron, Peirn le Loup qui combatit les pères de nos héros lors de la bataille de la plaine de joie, Marchlew le balafré et enfin, Urlf le saxon chassé de ses terres par Uren qui le trouvait indigne du titre de Chevalier.
    Un druide affirmera aussi qu’une grande magie a été utilisée la nuit du meurtre.
    523 : Aeron épouse Arianwen, fille du Duc Aeron de Reydichanne et sœur d’Uren le Grand.
    La divination peut alors prendre tout son sens. La croix est celle qui orne les blasons du Duc Aeron, d’Uren et d’Arianwen. La première vision se réfère donc à la vie d’Uren chez les saxons après sa disparition. La seconde renvoie à son retour à la raison. Du point de vue d’un wika, celui-ci s’est comme un serpent mue, transformé de panthère, ennemi héréditaire des dragons (d’Arthur Pendragon, donc) en chien servile. Enfin, la petite Tyr ou petite épée est la dague au cœur du meurtre qui a endeuillé l’inauguration du marché de Thetford.
    Fort de ces révélations, la petite troupe part vers le nord afin de rencontrer Uren le Grand sur ses terres du Malahaut. Le banquet qu’il organise en l’honneur de ses invités est conforme à sa légendaire hospitalité et ce n’est que tard le soir qu’Uren peut commencer son récit sur les événements précédant Baden :
    « Homme sans mémoire et sans passé, j’ai été accueilli par Osric un chef de guerre saxon après avoir sauvé sa fille des griffes d’’une panthère. Le destin m’a mené dans l’entourage d’Ethfridda reine du Nohaut et après un duel sanglant, je suis devenu son champion. Ce sont bien ses couleurs que je portai à Baden lorsque sire Gwern m’a ramené à la raison. Je crains que depuis ce jour Dame Ethfridda soit devenue une ennemie implacable et que sa haine s’étende à l’ensemble de ma famille ».
    Les chevaliers de Logres décident alors de poursuivre leur enquête dans le Nohaut. Ils atteignent sa capitale Arbeïa dans la première moitié de juin. La reine accueille les chevaliers de la Table Ronde d’Arthur avec les égards dus à leur rang. Néanmoins, elle n’hésite pas à à s’afficher avec son champion Wulfhart et les trois autres félons. Elle a en effet porté requête officielle auprès du roi pour éviter le jugement de ses fidèles chevaliers. Si la Reine porte clairement une main de bois et une jambe de bois en preuve de son statut de wika, nos héros n’arrivent pas à la confondre et afin de ne pas créer un incident diplomatique majeur, ils gardent leurs doutes pour eux et ne provoquent pas d’esclandre par des accusations insuffisamment étayées.
    De retour à Camelot mi-juillet, ils peuvent enfin interroger le cirier de la reine : celui-ci a bien été victime d’un cambriolage au début de l’hiver précédent mais rien n’avait été volé. De plus et à bien y réfléchir, des amis aubergistes ont bien mentionnés la présence d’un nombre inhabituel de saxons dans leur clientèle à cette époque… Mais il faut interrompre l’enquête pour se rendre au grand tournoi de de Dunnington organisé par sire Lupin en présence du roi. C’est l’occasion de montrer à tous les extravagantes armures rêvées par Marie (le généreux Gauvin en offre la fabrication au Comte Mollacus). Par contre, nos héros ne brillent guère : tous sont battus au premier tour des joutes. Ils faut attendre les défis pour que nos chevalier se montrent enfin à la hauteur de leur réputation. Mollacus et Aeron battent facilement sire Swino et sire Tathal, belle revanche sur leur défaite à la joute. Mollacus remporte aussi une grande victoire sur Sire Lamorak de Ganes.
    Finalement, l’événement le plus marquant reste la présentation des robes dessinées par Gauvin à la reine et à sa cour. Mais les Dames garderont un pudique secret sur cet événement…
    L’année finira par l’escorte des convois entre l’Anglia, devoir auxquels se prêtent tour à tour les chevaliers de la Table Ronde. Seul Nomius est exempté, il préfère passer l’hiver près de sa belle Justune sur les terres du roi Caradoc d’Ergyng, son père.
    Ces voyages permettent une dernière enquête dans les auberges de Norwitch. Les taverniers ont bien vu passer une vieille femme aux cheveux blancs guidée par ses suivants saxons. Mais nos héros ne peuvent que constater que leur piste est dorénavant froide comme l’hiver…


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    Re: Pendragon : la geste

    Message par tof le Ven 03 Jan 2014, 12:13

    536 :
    Le soleil du printemps est encore pâle lorsque Marie, Mollacus, Nomius, Iwell et Aeron prennent la route pour Grandcompton en Tribuit. Sans piste immédiate pour identifier les lâches ayant attentés à la vie d’Arthur et Guenièvre, ils partent sur les traces des félons et sorcière qui ont failli ravir le trône de Gauthier d’Hetford en 534.
    Le petit village ne paye pas de mine et nos héros se répartissent dans les masures pour en interroger les habitants. C’est Marie et Aeron qui rencontrent le plus de succès dans leur démarche. Une vieille femme qui ne cache pas être sorcière (chrétienne et guérisseuse  précise-t-elle) leur narre l’histoire des quatre enfants nés de chevaliers de passage. Leurs mères les avaient élevés dans l’aigreur et la colère de ne pas avoir été reconnu comme fils légitime et, comme haine et magie ne font pas bon ménage, ils sont tous partis revendiquer leurs droits il y a quelques années. Ils ne sont pas revenus depuis mais, selon elle de telles engeances se sont forcément réfugiées dans un lieu habité par le diable après leur défaite à Hetford.
    Comme preuve de ses talents, la vieille femme sent la malédiction qui pèse sur les épaules d’Aeron et elle lui offre un collier tressé d’herbes rares qui doit le protéger contre la rage meurtrière qui l’envahit parfois. Elle raccompagne ensuite les chevaliers avant de formuler une dernière requête : « je suis vieille maintenant mais je n’aimerais pas que mon savoir meure avec moi. Si vous m’envoyez une petite fille à l’esprit vif je lui enseignerai ce que je sais. L’enfant devra être chrétienne ».
    De son côté, Mollacus a été invité à prendre le thé. Iwell quant à lui, ne s’étendra pas sur ses propres occupations …
    Les quatre chevaliers regagnent alors Camelot afin d’interroger leur expert en maléfices, frère Ysgaran. Celui-ci connaît trois lieux maudits suffisamment proches d’Hetford pour qu’une petite troupe accompagnée de blessés puisse s’y réfugier :
    - La digue du diable est située entre Cambridge et Thetford ;
    - Les collines de Shiltern abritent près du château de Saint Blein un tumulus d’étrange réputation : quiconque en fait le tour par sept fois pourrait invoquer le Diable en personne ;
    - Enfin le Château d’Anstay serait le repère d’un Démon caché dans ses profondeurs.
    Fort de ces informations nos héros partent pour Anstay, fief de leur vieil ami le duc Gwern. L’intendant les mène à leur demande dans les profondeurs du donjon. Dans le garde-manger, une porte est gardée depuis des années par deux guerriers, un saxon et un païen, les chrétiens ayant manifestés de vives inquiétudes à monter la garde devant l’antre d’un démon.
    L’exploration des souterrains qui s’étendent au-delà de ce poste de guet est longue et périlleuse : des rires sardoniques et de multiples illusions attestent bien de la présence d’un suppôt de Satan. Bientôt, nos chevaliers sont obligés de se séparer pour couvrir plus de terrain. Au bout de quelques minutes, la voix de Marie retentit claire et forte dans l’obscurité : « meurt démon ! » et tous accourent à son secours en quelques secondes. Las à leur arrivée, Marie git prostrée dans un état quasi catatonique et il n’y a nul trace d’ennemi. L’inquiétude grandit encore lorsqu’elle n’a toujours pas repris conscience après quelques jours au sein du château. La mort dans l’âme ses compagnons parent au grand galop quérir frère Ysgaran à Camelot. Sans doute l’exorciste pourra-t-il bannir le mal habitant leur amie.
    L’aller-retour  ne leur prendra que deux semaines,  mais ils sont frappés de stupeur à la vue du château d’Anstay. Celui-ci est en ruine, ses portes défoncées vers l’extérieur. Toutes ses structures de bois ont brulé et ses décombres sont encombrés de cadavres démembrés ou carbonisés. Fous d’inquiétude, nos héros finissent par retrouver Marie dans les vestiges du donjon. Elle git couverte de sang sur la seule portion de plancher intacte de la grande salle. Près d’elle un cadavre presque entièrement consumé tend la main vers elle comme pour la protéger du feu qui a dévoré la pièce. Ysgaran l’examine rapidement et ses conclusions sont à la fois rassurantes et troublantes : la jeune femme n’est pas blessée et le diable n’est plus en elle. Elle a juste besoin de repos car elle vient juste d’accoucher ! Le corps qui git près d’elle est sans doute celui du druide d’Anstay comme l’atteste-le médaillon intact et  en forme de flamme (symbole de Briggid déesse de la poésie et du feu) trouvé autour de son cou.
    Mollacus explore de son côté les profondeurs du donjon. Il y trouve les deux seuls survivants du château. Les gardiens du sous-terrain se sont enfermés lorsqu’ils ont entendus des hurlements il y a cinq jours. Ils ont quand même eu le temps d’apercevoir une ombre immense avec plusieurs bras équipés d’armes terrifiante. La présence du démon est d’ailleurs confirmée par Aeron qui trouve les traces d’une « énorme chèvre bipède » se dirigeant vers le Nord…
    Une dernière fouille des ruines permet de retrouver l’épée du printemps de Marie devenue entièrement noire et de s’assurer que son écuyère Elvina ne fait pas partie des victimes. Marie a d’ailleurs mis une étonnante passion dans la recherche de la jeune Nordique. Et malgré son épuisement elle demande à partir immédiatement sur les traces du démon.
    Celui-ci est visiblement passé par la petite cité de Royston où une chapelle et un quartier ont entièrement brulés. Les dirigeants de la ville n’ont pas vu le monstre et leur inquiétude est toute autre. La garnison d’Anstay assurait la protection de la ville et mettant en doute à demi-mots la capacité de Gauthier d’Hetford d’assurer  son rôle de seigneur lige, ils en appellent à l’aide des chevaliers de la Table Ronde. Aeron  envoi donc un message à son vieil ami Riceh afin qu’il assure la sécurité de la ville avec ses troupes.
    La traque reprend vers le Nord jusqu’à la voie d’Icned. Un médaillon en forme de marteau abandonné par Elvina indique que le démon a pris la direction de Cambridge, demeure de Marie. La petite troupe redouble de vitesse : le monstre veut-il s’attaquer à ses « frêres » ?
    Au bout de trois jours de course effrénée la ville est enfin en vue en début de soirée. Plusieurs incendies s’en élèvent : l’église Sainte Marie et la chapelle Sainte Marie brulent. Les chevaliers se rendent directement à la cathédrale sans se préoccuper des foyers d’incendie. Ils arrivent à temps pour voir surgir une énorme bête cornue, mi-homme mi- chèvre,  fort de quatre bras musclé et lourdement armé. Elle porte Elvina inconsciente dans un filet qui ceint sa taille. Les chevaliers en appellent au Graal et se ruent au combat sans tenir compte des ondes de terreur émanant du démon. Marie libère son écuyère pendant que Mollacus et Aeron affrontent le monstre. Celui-ci s’effondre bientôt les quatre bras tranchés non sans avoir posé sa marque sur Aeron d’un ultime coup de queue. Le chevalier sent le froid et le mal s’insérer en lui. Quand soudain, le Graal apparaît devant lui dans toute sa splendeur. Le chevalier hésite : ce signe du Ciel lui est-il destiné ? Il saisit finalement la coupe du Christ et en boit une gorgée du précieux liquide. Il est alors complètement régénéré, il ne ressent plus  ni  blessure ni  fatigue. La marque du démon et la malédiction du loup de la voie d’Icned disparaissent aussi effacées par  la lumière du Seigneur.
    Les chevaliers organisent alors la lutte contre l’incendie facilement maîtrisé par une population galvanisée par la rumeur du miracle.  Gilles de Cambridge, le mari de Marie, est retrouvé vivant bien que sévèrement blessé et c’est Elvina qui par son récit clos cette aventure :
    « Le ventre de Marie enflait, enflait comme si elle allait exploser. Finalement, une créature difforme en est sortie comme un diable de sa boite. Le démon a enflé rapidement pour devenir énorme. Tout le monde s’est enfui hormis le druide. J’ai essayé de protéger Marie mais la créature m’a facilement désarmé. Sa colère enflait et lorsqu’il a commencé à tout bruler le druide m’a protégé de sa magie ainsi que Marie. Furieux, il ne semblait pas pouvoir me dévorer ni me tuer. Finalement, il m’a juste emporté et j’ai pu voir sa haine lorsqu’il détruit le château et sa chapelle ».

    Après quelques jours de préparation, les chevaliers décident de repartir à la poursuite des félons qui ont essayés de s’emparer du Comté d’Hetford.
    Les chevaliers quittent  Cambridge sous les acclamations de la foule...
    Anstay s’étant révélé être une fausse piste, ils décident de partir vers la digue du diable…
    Les chevaliers quittent  Cambridge sous les acclamations de la foule...
    Ce monument, construit par le frère d’Uther pour protéger ses terres des raids Angles, est constitué de deux remparts séparés de quelques lieues.
    Les chevaliers quittent  Cambridge sous les acclamations de la foule...
    L ‘examen du premier mur ne permet pas de localiser nos ennemis. Ils révèlent néanmoins les traces de plusieurs groupes de 10 à 20 saxons et plusieurs caches d’armes. La révolte saxone est visiblement loin d’être terminée.
    Les chevaliers quittent  Cambridge sous les acclamations de la foule...
    Le second rempart est plus prometteur. Près d’une tour Aeron trouve les traces d’un campement abandonné moins d’une semaine auparavant. La troupe qui l’a abandonné est constituée de trois chevaux lourdement chargés (sans doute des chevaliers) de deux chevaux plus  légers (femme  ou enfant) et de deux animaux de bas. Tous se dirigent à travers champs vers Thetford fief du Comte Mollacus.
    Les chevaliers quittent  Cambridge sous les acclamations de la foule...
    Ils prennent enfin conscience qu’ils sont victimes d’une bien étrange magie mais décident de mettre à profit ce qu’ils ont appris. Ils se rendent directement sur le chemin employé par les félons lors de leur fuite. Au bout de quelques heures d’attente, ils voient arriver les trois chevaliers ennemis, leur sorcière de mère et un jeune paysan saxon. Ils s’apprêtent à charger quand…
    Les chevaliers quittent  Cambridge sous les acclamations de la foule...
    Nos héros comprennent enfin qu’ils ont un rendez-vous auquel ils n’échapperont pas. Jaelac, le cheval faerique, indique d’ailleurs à Aeron qu’une puissante magie est à l’œuvre et qu’il peut les mener à sa source. Malheureusement, lorsque le chevalet son cavalier franchissent la porte du royaume faerique, ils échappent à la vue de leurs compagnons qui ne peuvent les suivre et …
    Les chevaliers quittent  Cambridge sous les acclamations de la foule...
    Cette fois-ci le ciel est empli de flèches lumineuses et d’autres panneaux indicateurs. En suivant ces indications, la petite troupe s’engage dans le marais de Fens. La boue fait place à une forêt merveilleuse et, au pied d’un arc en ciel ils rejoignent un immense château multicolore bordé d’un cimetière qui semble sans fin. L’accueil est raffiné et amical et, nos héros sont finalement mené devant un homme à l’air sévère siégeant fièrement sur son trône. Sa cour est constituée d’un millier de créatures féériques plus étranges les unes que les autres parmi lesquelles plusieurs chevaliers reconnaissent d’anciens ennemis morts de leur main. Ils sont en présence de sa majesté le Roi Aujourd’hui d’Ailleurs qui accueille toutes les créatures faerique décédées  ou tout humain mort en terre féérique dans son royaume.
    La voix du roi est forte et sure .Il a souhaité rencontrer les chevaliers de Logres afin de répondre à leur vœux mais aussi qu’ils le renseignent sur l’immense magie survenue à Cambridge. Aeron lui fait le récit de l’apparition du Graal que les païens nomment chaudron de Dagda. Marie quant à elle demande une entrevue avec Freyd la fée une vieille ennemie. Face à tant de charme, le roi accorde trois questions auxquelles l’ancienne reine-sorcière devenue souillon dans cette cour ne saurait mentir.
    La haine de Freyd envers ceux qui l’ont vaincu est palpable mais elle n’a pas d’autre choix que de répondre sincèrement à leurs questions.
    - Quelle est l’histoire du Grand Chien Faerique de la voie d’Icned ? Cette créature a été invoquée par la magie de la Voie pour la remplacer lorsque sire Decvalus le bel a brisé son pouvoir. Elle ne s’intéresse pas à l’histoire de son successeur..
    - Qui a offert la dague maudite à Arianwen ? Quel est son nom ? C’est la sorcière Brünheld qui ne vous aime pas depuis bien longtemps et qui sert quelqu’un débordant de haine à votre égard.
    Suite à cet entretien, le Roi indique que le grand chien noir de la Voie d’Icned provient de son propre chenil et qu’il aimerait bien le récupérer. Pour cela, il suffit simplement de l’abattre! Comme toute fae après son décès, la créature rejoindra alors simplement le royaume d’Aujourd’hui d’Ailleurs.
    Les chevaliers de Logres profitent alors de la présence à la Cour pour interroger certains de leurs amis ou ennemis décédés. Ils commencent par la sorcière Camille. Contrairement à Freyd, nul sortilège ne l’oblige à parler mais, sa fureur est telle qu’elle laisse filtrer plusieurs informations de première importance. Elle confirme que c’est bien Burhred qui est à l’origine de l’enchantement du cierge et de la malédiction ayant frappé Arthur et Guenièvre. C’est elle aussi qui a lancé un grand rituel lors de l’inauguration du marché aux chevaux de Thetford et provoqué le décès de la première épouse du Baron Aeron. Son maître était d’ailleurs présent lors du grand diner qu’elle a organisé à son château (les chevaliers alors prisonniers se souviennent d’avoir alors identifié de nombreux félons : Turquin, Gwydion, Bruce sans pitié, les chevaliers au Loup du Nohaut ...). Elle lâche enfin dans un dernier accès de rage que la haine d’une veuve est inextinguible !
    « Veuve », le détail est précieux : ce mystérieux ennemi serait donc une femme…
    Leur second interlocuteur est autrement sympathique. Le Chevalier Blanc assassiné il y a de nombreuses années par son frère le Chevalier Noir, les renseigne bien volontiers sur son équipement qu’une prophétie lie au petit fils de Gwyon au Cheval Blanc. Son armement ne peut être porté que par le parangon d’une religion quelle qu’elle soit sous peine de subir une forte malédiction. L’épée facilite la circulation des idées de cette religion et ne peut en aucun cas tuer un ennemi d’un seul coup pour lui laisser une chance de se convertir. L’armure protège des coups exceptionnels des chevaliers d’une autre foi et enfin, le bouclier augmente les bénéfices religieux de son porteur.
    Avant de quitter la Cour, nos héros ont une dernière requête. Leur ami et frère d’Arthur, le Seigneur Keu, a particulièrement apprécié la sauce brune offerte par le Roi lors de sa visite à Camelot et il aimerait en connaître la recette. Le Roi obtempère en riant mais l’information est de peu d’utilité certains ingrédients provenant du futur de la terre des hommes ou de contrées non encore découvertes.
    Marie a son tour s’interroge sur le sort de l’épée de la Reine du Printemps devenue noire suite aux événements maléfiques du château d’Anstay et le Roi séduit par sa grâce s’engage à lui apporter lui-même la réponse lorsque le besoin s’en ferra sentir.
    C’est enfin l’heure du départ…
    Les chevaliers quittent Cambridge sous les acclamations de la foule... Ils se rendent directement sur le chemin employé par les félons lors de leur fuite. Au bout de quelques heures d’attente, ils voient arriver les trois chevaliers ennemis, leur sorcière de mère et un jeune paysan saxon. Ils s’apprêtent à charger …
    Mais cette fois-ci, c’est la bonne. Leur charge est dévastatrice, les félons sont tous abattus. Le seul survivant est sire Gworfwor qui sérieusement blessé est fait prisonnier. Il lui faudra deux longues semaines de repos à Calford l’un des fiefs du Comte Mollacus avant de reprendre conscience et de pouvoir répondre aux questions : « La mère d’Uwan a pris langue avec la rébellion saxonne depuis plusieurs mois et le jeune paysan devait nous conduire à un contact à Thetford avant de rejoindre sire Turquin. Je n’ai participé à aucune négociation et je n’ai aucune idée des personnes que nous devions rencontrer ni même du lieu de rendez-vous. »
    Malgré la bienveillance de Mollacus, la révolte a donc gagné le cœur même de la ville de Thetford. Le comte décide d’y envoyer immédiatement l’ancien garde d’Anstay qui peut utiliser son origine saxonne pour obtenir des renseignements. Lui-même et ses compagnons partent faire la tournée des fiefs locaux afin de rechercher les traces des rebelles. Ils rejoignent Thetford fin juin après 2 semaines de fouilles infructueuses.
    Cette période est néanmoins marquée par un bien curieux événement. Au cours de leur périple, les chevaliers de Logres sont rejoints par le prince Gael qu’ils n’ont pas vu depuis 12 ans ! Celui-ci avait alors disparu lors d’une chasse en Thulé. Pour le prince faerique seuls quelques jours se sont écoulés et il est étonné de trouver ses compagnons vieillis. Les contrées faériques lui ont d’ailleurs joué là un bien vilain tour. A l’époque et, il y a donc seulement quelques jours pour lui, Gael courtisait activement Marie et il a abattu lors de cette chasse les deux lions qu’il lui avait promis. Il offre galamment les deux peaux de bête à la femme mure et mariée qu’elle est devenue, ravalant sans le montrer de biens amers sentiments.
    A Thetford, leur « espion » a fait un travail efficace. Il a réussi à prendre contact avec un dénommé Osric, un boucher installé dans les faubourgs de la ville. A sa demande, il s’est fait embaucher dans la garde de Thetford (garde déjà largement infiltré par les rebelles saxons). Depuis, il laisse chaque nuit des inconnus entrer et sortir de la cité.
    Mollacus convoque au château Ulrich un marchand de chevaux saxon. Le prétexte utilisé est l’achat par Aeron de deux destriers destinés à ses fils pour leur adoubement mais, le but réel est bien de l’interroger sur les rumeurs parcourant la cité. L’homme est très vite mal à l’aise sous le feu des questions. Il a entendu dire que la révolte est au point mort car, les rebelles comptaient sur le départ du Comte et de ses chevaliers en France (le roi y a envoyé une armée secourir la cousine de Guenièvre) pour s’emparer de la ville. Plus important encore, Burhred serait actuellement présente en ville abritée par Osric dans le quartier des équarisseurs.
    Les chevaliers équipés pour la guerre se rendent dans les faubourgs à la nuit tombée. Ils sont bien décidés à en finir une bonne fois pour toute avec leur ennemie. La boucherie d’Osric jouxte une taverne. Heureusement, nos héros ont amenés la lanterne magique donnée par le wika de Né-d’une-vierge. Sa flamme s’envole sans hésiter vers l’étage de l’auberge et les chevaliers de Logres y pénètrent derechef. L’accueil glacial devient vite agressif. Pendant que Nomius, Mollacus et Aeron doivent affronter huit gardes du corps saxons après avoir rejoint l’étage, Marie et Gael combattent une vingtaine de guerriers au rez-de-chaussée. Malgré une large infériorité numérique, leur valeur leur permet vite de prendre le dessus. Une dernière surprise attend Aeron : lorsqu’il pénètre dans la chambre de la sorcière, il est attaqué par un Troll à deux têtes utilisé comme chien de garde. La créature est vite abattue mais le temps gagné par ces combats a permis à Burhred de s’échapper par une trappe donnant sur la rivière.
    Avant de s’engager à la poursuite de la barque, le petit groupe croise une dizaine de saxons hirsutes et apathiques dans la ruelle sise devant la taverne. Ils ont à faire à des berzekers mais comme ceux-ci ne sont pas agressifs, ils évitent soigneusement le combat. Une chose est néanmoins sure, avec des guerriers, des gardes du corps d’élite et des berzekers, la révolte saxonne dispose maintenant d’une véritable armée.
    La poursuite de l’embarcation en pleine nuit n’est pas chose aisée. Lorsqu’à la faveur d’un pont les chevaliers parviennent enfin à la couler, elle a été abandonnée par ses occupants. Ce n’est qu’au lever du jour qu’Aeron retrouve enfin la trace d’un homme lourdement chargé (probablement un garde du corps portant Burhred). La piste les emmène jusqu’à un petit village saxon…


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    Oh! Je crois que ça va couper...

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    Re: Pendragon : la geste

    Message par Contenu sponsorisé Aujourd'hui à 02:06


      La date/heure actuelle est Sam 10 Déc 2016, 02:06